138 GUERRE SUR LES COMMUNICATIONS ALLEMANDES.
« L’ennemi peut être sur nous en deux marches avec« de grandes forces. Nous pouvons être coupés de Lyon.« Donnez-moi l’ordre de partir demain; sinon je ne ré-« ponds pas que la retraite puisse être faite *. »
Le Gouvernement s’empressait aussitôt de renouveler augénéral l’assurance que lui seul restait juge du momentprécis où il faudrait se replier sur Lyon ; mais, devant leshésitations, les tergiversations, la défiance en ses propresforces du commandant supérieur, il se décidait le 7 no-vembre à lui donner l’ordre de remettre le commandementau général Crouzat * 1 2 et de venir s’expliquer à Tours.
« trouve rarement des généraux empressés à donner bataille. Ils prennent bien« leur position, s’établissent, méditent leurs combinaisons: mais là commence« leur indécision et rien de plus difficile et pourtant de plus précieux que de« savoir se décider. » (Napoléon.)
Napoléon au roi Joseph, lieutenant-général de l’Empereur à Paris. — Châtre,23 février 1814, 2 h. 5.
« Il y a remède à tout avec du courage, de la patience, du sang-froid, et iln’y en a pas quand on réunit tous les faits pour en former des tableauxet qu’on se bouleverse l’imagination. Cette manière de voir n’est propre qu’àfaire naître le découragement et le désespoir. »
1. Général Michel à Guerre, 6 novembre.
« 40,000 Allemands à Vesoul vont se diriger sur Lyon sous Werder. Autrecorps prussien venu de Dijon s’est battu à Saint-Jean-de-Losne avec francs-tireurs. L’ennemi peut être sur nous en deux marches avec de grandes forces.Nous pouvons être coupés de Lyon. Donnez-moi l’ordre de partir demain,sinon, je ne réponds pas que la retraite puisse se faire. »
2. Ministre au général Michel. — 7 novembre.
« Je vous réitère l’ordre de venir immédiatement vous expliquer à Tours et« de remettre le commandement au général Crouzat. »
« Ce n’est pas ordinairement la perte réelle que l’on fait dans une bataillequi est funeste à un État, mais la perte imaginaire et le découragement quile privent des forces mêmes que la fortune lui avait laissées. »
(Montesquieu.)