446 GUERRE SUR LES COMMUNICATIONS ALLEMANDES.
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Les résultats qu’on se promettait de cette opérationparurent, toutefois, douteux au général Grouzat : « J'aime« mieux, répondit-il, avoir à Chagny, dans trois ou quatre« jours, une armée de 55,000 hommes avec laquelle il« pourra être fait quelque chose de sérieux que de com-<r promettre son existence par Une opération dont le succès« n’est pas certain. »
L’ennemi était en effet prévenu le même jour de nosintentions par une lettre d’un sous-préfet de la région 1 ,
1. Intérieur à Préfet de Chalon-sur-Saône, 27 novembre.
« Une dépêche que vous avez recommandée de tenir secrète m’est livrée parun agent de Gênes.
« Cette dépêche indique à votre correspondant d’Ajaccio de prétendus mouve-ments de troupes qui, suivant vous, doivent avoir lieu par Dôle et par Dijon,par mouvement tournant.
« Vous ajoutez qu’on prendra ainsi les Prussiens.
« Le caractère de cette communication adressée à Ajaccio quand vous saviezqu’elle pouvait séjourner dans plusieurs bureaux italiens m’oblige à vous de-mander votre démission immédiate. » Signé : Léon Gambetta.
Ce sous-préfet pouvait être M. C... En effet, la dépêche ci-après était signéede ce nom :
Sous-Préfet Chalon-sur-Saône à général Crémer à Chagny. 23 novembre.
« Je viens de recevoir à l’instant la dépêche suivante de M. le Généralcommandant la 8 e division militaire. « Faites dire au général Crevisier de s’en-tendre avec Garibaldi. Il y aurait un bon coup à faire par Dôle et au-dessnsde Dijon ; par mouvement tournant, on pourrait prendre les Prussiens de laCôte-d’Or. C’est facile, je crois, avec de l’entente. ( Signé : C...) »
Cependant on retrouve M. G... en fonctions le 17 décembre (voir à cettedate).
Le Grand État-major prussien relate ainsi l’incident (13 novembre) :
« On avait intercepté une lettre du Préfet de Beaune (sic) qui faisait sup-« poser que l’armée française de l’Est remontait par Chagny snr Dijon. »
Et en note : « Selon toute apparence, cette lettre était destinée à donner« le change aux Allemands et c’était à dessein qu’on l’avait fait tomber entre« leurs mains. »
Le 13 et le 23 (voir plus loin la campagne de Bourgogne, page 177), desopérations de marche contre Dijon ont été combinées par nous. Il se peut qne,dans ces deux circonstances, les imprudences du préfet de la Côte-d’Or a Beaune,le 13, et du sous-préfet de Chalon-sur-Saône, le 23, aient révélé nos projets àl’ennemi, si toutefois les documents précités ne s’appliquent pas à un seul et même