PREMIÈRE CAMPAGNE DE L’EST.
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qui tombait entre ses mains et le général de Werder s’em-pressait de couvrir Dijon en concentrant son corps d’ar-mée entre la Saône et la Côte-d’Or, Le 14, la concentra-tion autour de la ville était complète. Il couvrait les routesde Nuits, Seurre, Saint-Jean-de-Losne et ses avant-postesformaient un vaste cercle jusqu’à Citeaux. Le comman-dant du XIV e corps se décidait à attendre ainsi, en faisantface au sud et en se reliant à Vesoul, l’entrée en ligne dela 4 e division de réserve.
incident. Mais les différences de dates, la communication par lettre le 13, pardépêche le 23, les origines signalées comme n’étant pas les mêmes, Beaune,Chalon-sur-Saône, tout fait bien craindre qu’on ne soit en présence de deuxindiscrétions, de temps et de lieux vraiment trop rapprochés, d’autant plus quenons devons encore examiner les télégrammes suivants, en date du l.î novembre :
Délégué à la Guerre au Préfet Côte-d’Or à Beaune.
« Entendez-vous avec général Crouzat pour concentration des mobilisés, dontparle votre dépêche d’hier 4 h. 30 soir. Suis d’avis de les réunir vers lespoints qui peuvent défendre soit la route de Lyon, soit le passage de la Saône,soit les routes du Morvan. »
Guerre au Général en chef de l’Armée de l'Est (sic).
“ Occupez Dijon, comme le demande le Préfet, pourvu que cette occupationne vous paraisse pas de nature à affaiblir votre action stratégique. Vous pour-riez y employer les mobiles qu’offre le Préfet et les renforcer par quelquestroupes. Mais je ne serais pas d’avis de vous affaiblir en présence de l’ennemique vous avez intérêt à contenir de Chagny et de Chalon. Vous seul, au sur-plus, pouvez apprécier l’opportunité et l’utilité de l’occupation de Dijon. »
On remarquera combien tout le monde à cette époque paraît fasciné parles ■ vertus mystiques des localités ». Dijon, Lyon, Amiens, Orléans, etc.,semblent constituer de véritables aimants, doués de propriétés spéciales, qu’ilscommuniqueront mystérieusement aux forces qui les occuperont. On n’oubliequ’une chose : détruire d’abord l’armée ennemie, afin de pouvoir aller ensuiteou Von voudra. Werder lui-même avait été loin d’échapper à cette faute et ilavait mérité cette remarquable leçon du général de Moltke en date du 16 octobre :
" La direction de votre marche ultérieure n’est pas Vesoul; mais bien le« quartier général de l'ennemi. »
“ H y a, en Europe, beaucoup de bons généraux, mais ils voient trop de“ choses à la fois — moi, je n’en vois qu’une : ce sont les masses; je tüche" de les détruire, bien sûr que les accessoires tomberont ensuite d'eux-" mêmes. » (Bonaparte. 1797.)