184 GUERRE SUR LES COMMUNICATIONS ALLEMANDES.
troupes de la 3 e brigade (Delpech) sur le flanc gauche. Laroule d’Ancey et de Lantenay lui était assignée. Il avaitaussi pour mission de détourner, au besoin, l’attention del’ennemi de la voie suivie par la colonne principale.
Des reconnaissances préalables avaient appris au chefd'état-major de l’armée qu’aucun poste ennemi ne gardaitle chemin de fer jusqu'à Dijon. Aucun détachement n’oc-cupait les nombreux tunnels qu’il traverse.
Mais l’opération projetée ne s’exécutait nullement dansces conditions 1 . La plupart des corps passaient la nuit,soit en cantonnements dans les villages, soit au bivouac. La2' brigade (Delpech) bivouaquait près de Malain. La 4'(Ricciotti Garibaldi) cantonnait à Pont-de-Pany 2 . Quantala 3 e (Ménotti Garibaldi), elle n’arrivait à Lantenay quele 25 à 2 heures du soir (sans combat).
Démonstration sur Plombières (35 novembre). — Seule,la l rc brigade (Bossak), bivouaquée près de Pont-de-Pany,
1. L’ouvrage, publié par le général auxiliaire Bordune, sous le nom de Récitofficiel, dit que l’opération commençait le 24 à la tombée de la nuit. Il décritcetle opération : un combat de nuit se serait engagé par la faute de la brigadeBossak, dont les éclaireurs se seraient mal défilés. « La tentative était avortée »iajoute l’auteur. Il décrit ensuite un mouvement tournant prononcé par l’arméesur Lantenay, afin de forcer l’ennemi à abandonner Velars. La configuration dusol s’oppose d’ailleurs à ce qu’un semblable résultat fût ainsi obtenu ; mais, dansce récit, l’imagination du colonel Bordone l’a entraîné bien plus loin ; car, tousles historiques des corps contredisent, pièce à pièce, chacune de ses asser-tions. Le Grand État-major prussien ne parle d'aucun coup de feu dans lanuit du 24 au 25. Tous sont d’accord pour parler du petit engagement, quenous relatons, le 25 au matin.
De telles « erreurs » sont bien graves. Elles entraînent à suspecter tous lesdétails rapportés par le colonel Bordone. Le contrôle reste possible, dans unecertaine mesure, pour les faits. Mais pour ce qui concerne les plans, les projets,les ordres, on n’a d’autres ressources que d’adopter la version qui paraît laplus vraisemblable et la plus logique, sans tenir autrement compte du récitsoi-disant officiel du chef d’état-major de l’armée des Vosges.
2. Passait il Sombernon le 24 à 3 heures.