262 GUERRE SUR LES COMMUNICATIONS ALLEMANDES.
cation morale de l’homme n’a pas, chez elle, une impor-tance prépondérante; l’instruction suffit.
La cavalerie, au contraire, est l 'arme rapide: l’arme dumouvement et de l’ improvisation ; aussi de Crack a-t-il pudire que, dans son emploi au combat, « sa rapidité, c’est« son génie ». Ici encore, cependant, un lien, étrangerà l’homme, existe au moment de la crise ; il est une causede cohésion; c’est le cheval qui le constitue. Enfin cemouvement même, cet entraînement mutuel en avant, cettevive émulation physique, à corps perdu pour ainsi dire,sont un sûr garant contre les défaillances individuelles.Toutefois, hâtons-nous d’ajouter aussi que cet état de criseconstitue l’exception et que, par suite, dans toutes lesautres circonstances d’emploi de l’arme, l’éducation indi-viduelle, X élément humain, en un mot, joue un rôle desplus importants.
Mais pour l'infanterie aucun lien semblable n’existe;chez elle, l’élément humain domine tout le reste.
Son lien unique, c’est la solidarité mutuelle, c'est laconfiance réciproque.
C’est assez dire qu’ici c’est l’homme et l’homme seulqui fait la mesure des choses et que toute la puissance del’arme réside uniquement dans la force donnée à son édu-cation en temps de paix.
Ici, en effet, point de matériel collectif et pesant à servir;
aucune grandeur pour vous attacher au rivage.ou à la
position: l’armement est individuel; la cohésion n’est nul-lement forcée; elle est affaire de volonté.
Ici, point de montures instinctivement groupées, pasd’entraînement de vitesse; mais des hommes, écrasés sousle poids d’une charge inhumaine, s’avançant lourdementet péniblement par l’effort tenace de leur volonté propre,