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de son fils aîné, pour ne pas compromettre le sort deson pays avec le sien et pour conserver ses États à samaison, au cas où il échouerait dans son entreprise.S’il eût réuni ses forces à celles de Mansfeld, Tilly sefût sans doute trouvé dans une situation très critique ;mais le margrave voulut avoir l’honneur de le battreseul et marcha à sa rencontre au moment où l’arméecatholique venait d’être renforcée par le corps espa-gnol de Cordova. Attaqué à Wimpfen par des forcessupérieures (6 mai), Georges-Frédéric fut complète-ment défait, après une résistance opiniâtre ; il rejoi-gnit Mansfeld avec les débris de son armée, mais netarda pas à abandonner la partie et se réfugia àGenève, où il vécut pendant plusieurs années dans laretraite et dans l’oubli.
Tilly se retourna ensuite contre Christian deBrunswick, dont les 20,000 hommes, levés dansl’Allemagne du Nord, eussent pesé d'un grand poidsdans la balance, si leur chef ne s’était laissé amuser,pendant les opérations sur le Neckar, par les quelquestroupes espagnoles laissées en arrière pour couvrirles États catholiques du bas Rhin. Il s’attarda àravager les évêchés de Munster et de Paderborn, etce ne fut qu’à la fin de mai qu’il se décida à marchercontre Tilly victorieux. Celui-ci continuait à agir deconcert avec Cordova et venait encore d’être renforcépar un corps d’impériaux aux ordres de Carracioli ;il se jeta sur Christian de Brunswick au moment oùcelui-ci passait le Main à Hœclist (19 juin), et le battitsi complètement qu’il ne lui resta que 6,000 hommes,avec lesquels il alla retrouver Mansfeld.
Ce dernier avait été empêché de marcher au secours