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quelques efforts que fît le général bavarois pourl’amener à livrer bataille; il se borna à faire à sonadversaire une guerre de chicane, à l’inquiéter dansses subsistances et à lui enlever ses convois. Il estvrai que l’année du roi de Danemark, formée detroupes nouvellement levées, ne pouvait être com-parée pour la qualité à celle de la Ligue catholique;son chef avait donc raison de chercher à l’aguerriravant de s’engager dans des entreprises plus sérieuses.Mais la suite des événements prouva bien queChristian n’avait nullement l’étoffe d’un général, etil ne réussit qu’imparfaitement à suppléer, par uneincontestable activité, aux talents militaires qui luifaisaient défaut.
L’année 1625 se passa donc en escarmouches; ellen’était pas finie, cependant, que déjà un nouveauet plus grand danger menaçait les protestants.Jusqu’alors, l’Empereur avait presque exclusivementsoutenu la guerre avec les troupes de la Ligue, qu’onappelait Vannée d’exécution, ce qui avait considéra-blement accru l’influence du chef des catholiquesallemands, l’électeur Maximilien de Bavière. Ferdi-nand II, bien qu’il n’eût cessé de marcher d’accordavec lui, finit par en concevoir quelque ombrage etrésolut de former, pour agir en dehors des Étatshéréditaires, une armée dépendante de sa seule auto-rité. Cela ne laissait pas de lui être assez malaisé, sesfinances étant complètement épuisées et ses pays à peuprès ruinés. Dans cet embarras, se présenta un richegentilhomme bohémien, Albert de Waldstein, ayantde beaux services de guerre, qui lui offrit de leversans aucuns frais une armée de 50,000 hommes et de