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de faire cause commune avec elle ; la France elle-même tergiversait avant de s’engager dans une entre-prise qu’elle avait pourtant été la première et la pluschaude à conseiller ; les électeurs de Saxe et de Bran-debourg accueillirent les ouvertures qui leur furentfaites avec une grande froideur; enfin, les autresprinces protestants se montrèrent hésitants, promet-tant toutefois de se déclarer dès que les Suédoisseraient en mesure de les soutenir efficacement. Maisle Roi ne s’inquiéta pas davantage de ces contre-temps,certain que, comme il l’avait dit, la victoire lui feraitdes amis. Toutefois, avant de rompre ouvertement etsans retour avec l’empire, et dans la vue de mettrede son côté toutes les apparences du droit et de lajustice, il fit porter à Vienne des propositions d’accom-modement, qui ressemblaient plutôt à un ultimatum.Il n’avait pas à craindre de les voir accepter :demander à l’Empereur, jusque-là victorieux, d’éva-cuer entièrement les cercles de haute et basse Saxe,d’éloigner ses troupes des côtes de la Baltique et derenoncer à tout établissement maritime ; exiger qu’ilrétablît dans leurs droits et privilèges les ducs deMecklembourg et les autres princes protestantsdépouillés ou abaissés, c’était s’exposer à un refuspéremptoire, et celui de la cour devienne fut expriméavec une hauteur qui aurait contribué à rendre toutrapprochement impossible si, d’un côté ou de l’autre,ce rapprochement eût été sérieusement désiré.
Les apprêts de l’expédition n’étaient pas encoreachevés quand les premières hostilités éclatèrent.Excité sous main par Ferdinand II, le roi de Dane-mark fit proposer au duc de Poméranie de lui vendre