— 68 —
de Stettin dut fournir la moitié, et l’entrée du régi-ment de Damitz au service de la Suède, en furent les-premières conditions. Il paraît que le Roi tenait plusà la première qu’à la seconde, et qu’il ne faisait pasgrand cas de ses auxiliaires poméraniens ; cependantle corps de Damitz devint par la suite, sous le nomde « brigade blanche », un des meilleurs de toutel’armée. L’occupation de Stettin fut complétée bien-tôt par celle du fort de Darnm, situé à deux lieuesvers l’est, que les Impériaux n’essayèrent pas dedéfendre, et par la prise de Stargard, que Damitzenleva de vive force au colonel autrichien Piccolomini—au colonel Dufour, selon d’autres auteurs (24 juillet).Les communications de Garz avec Colberg et la Po-méranie orientale furent ainsi rendues assez difficiles,tandis que, d’un autre côté, les troupes demeuréesau camp d’Anklam risquaient fort de se voir coupéesdu gros. Conti se hâta donc de les rappeler, réunittoutes ses forces disponibles sur l’Oder entre Garz etGreifenhagen, et s’y retrancha solidement.
Les Impériaux furent outrés de ce qu’ils appelaientla « défection » du duc de Poméranie, bien qu’ilsfussent loin d’avoir jamais traité ce prince en allié.Quoique Bogislas eût essayé de se justifier à Vienne,en alléguant, à juste titre, que c’était l’incurie desgénéraux autrichiens qui l’avait réduit à subir l’al-liance du roi de Suède, l’Empereur ordonna de traiterles Poméraniens comme des traîtres; et, en effet, lessoldats de Conti firent dans le pays des courses fré-quentes, pillant et brûlant les villages, maltraitantet quelquefois massacrant les habitants. Ces violenceset ces déprédations ne servirent, du reste, qu’à rendre