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les Impériaux plus odieux et à faire mieux accueillirles Suédois, dont la discipline sévère et la bonneconduite avaient tout d’abord rassuré les populations.Quant au Roi lui-même, suivant le jugement du car-dinal de Richelieu, qui pourtant ne l’aimait guère,« on ne voyait dans ses actions qu’une sévérité inexo-rable envers les moindres excès des siens, unegrande douceur envers les peuples et une justiceexacte en toute occasion » (').
II. — Première expédition de Gustave-Adolphe dans le Mecklem-bourg ; opérations de ses lieutenants dans la Poméranie ultérieure.Prise de Greifenhagen et de Garz ; retraite des Impériaux dansle Brandebourg.
Les progrès lents, mais continus du roi de Suèdeavaient fini, sinon par alarmer la cour de Vienne,du moins par éveiller sérieusement son attention.Seulement, bien d’autres soins occupaient alors l’Em-pereur: désireux avant tout de faire élire son fils roides Romains, il s’était rendu de sa personne à Ratis-
(') Mémoires du cardinal de Richelieu. — Il arriva sansdoute, par la suite, que cette discipline se relâcha, et les histo-riens catholiques n’ont pas manqué de mettre en lumière lesexcès auxquels se livrèrent plus d’une fois les Suédois. Mais ilimporte de remarquer, cependant, que ces excès se produisirentsurtout dans les deux dernières périodes de la guerre de Trenteans, c'est-à-dire après la mort de Gustave-Adolphe. Tant qu’ilvécut, il tint sévèrement la main à l’application du règlement qu’ilavait promulgué aussitôt après son débarquement en Allemagne,et qui défendait aux soldats, sous peine de mort, de détruire lesmaisons et de piller ou de maltraiter les paysans ; du moinsn’avait-on garde d’en enfreindre les prescriptions, là où le Roise trouvait de sa personne.