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vaise saison : « C’est une chose connue, dit-il, quel’armée impériale ne manque ni d’hommes ni de vivres,et même qu’elle ne redoute aucun ennemi; mais il estpeu glorieux pour un soldat de lutter contre la neigeet la glace, au lieu d’ennemis bien armés, et voici lemoment de se procurer de bons quartiers ('). » Cetteinsinuation resta complètement sans effet, car, bienloin de songer à conclure une trêve, Gustave-Adolphese proposait de mener la campagne plus vigoureuse-ment que j amais : l’hiver n’était guère fait pour effrayerses soldats, habitués à un climat autrement rude quecelui du nord de l’Allemagne, et il ne devait pas man-quer de profiter de ses avantages sur une armée moinsendurcie aux fatigues et aux intempéries.
L’envoyé officieux de Conti dissimulait d’ailleursla vérité quand il représentait les troupes impérialescomme abondamment pourvues et animées des meil-leures dispositions : tout au contraire, après avoirgaspillé les ressources du pays, elles n’y trouvaientmême plus le nécessaire, et manquaient à la fois depain, de vêtements, de munitions, de fourrages; leRoi savait d’autant mieux à quoi s’en tenir sur leurvéritable état, que, chaque jour, la faim et le froidpoussaient dans son camp de nombreux déserteurs.Conti, peu satisfait lui-même des faibles moyens qu’onmettait à sa disposition pour résister aux Suédois,demanda et obtint son rappel ; il fut remplacé par lefeld-maréchal Hainbald de Schaumburg, vieil offi-cier ayant passé par tous les grades et que sa bra-voure avait élevé aux premiers emplois, mais qui,
(*) Fryxell.