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étaient faites. L’électeur de Brandebourg, Georges-Guillaume, ne semblait pas beaucoup plus disposé àentrer dans les vues de son beau-frère et se conten-tait de lui offrir une neutralité d’ailleurs peu bien-veillante, car dans le même temps un des corps de-Schaumburg, sur le point d’être cerné par la cava-lerie suédoise, trouvait fort à propos un refuge dansla forteresse brandebourgeoise de Ivüstrin. Conseillépar son principal ministre, Schwarzenberg, Georges-Guillaume aspirait à former, avec tous les Étatsévangéliques de l’empire, une sorte de « Ligue desneutres », qui tiendrait la balance égale entre le roide Suède et l’Empereur, jusqu’à ce que le momentfût venu d’interposer sa médiation. Ce projet, répon-dant fort bien au besoin de paix dont l’Allemagneétait possédée, avait rencontré de nombreuses adhé-sions, notamment celle de l’électeur de Saxe, à l’in-stigation duquel un congrès allait se réunir, à Leipzig,dans la seconde quinzaine de février. L’un des plusempressés à s’y rendre devait être le landgrave deHesse-Cassel, qui, peu auparavant, mettait son in-fluence et son armée au service du roi de Suède,mais dont l’approche d’un corps de 10,000 Impé-riaux aux ordres du comte Jean de Nassau-Siegenavait modifié les dispositions. Ainsi l’année 1630s’achevait sans que Gustave fût parvenu à organisercontre l’empire la coalition sur laquelle il comptait :rencontrant si peu d’écho, même parmi ses coreli-gionnaires , le Roi ne laissait de concevoir quelqueinquiétude pour l’avenir.