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de son lieutenant à Tillv, qui rassemblait alors àHalberstadt, dans la basse Saxe, les forces de laLigue catholique, ajoutant « qu’il manquait lui-même des munitions que Kratz réclamait; que sonarmée était réduite à 8,000 hommes d’infanterie et4,000 de cavalerie également découragés; que lepays, ruiné et désert, n’offrait aucune ressource, et■que, si on ne lui envoyait promptement des secours,il se voyait exposé aux plus grands revers et dansl’impossibilité de les prévenir ».
La fâcheuse situation dans laquelle se trouvaient lesaffaires de l’Empereur n’avait pas échappé au géné-ralissime de la Ligue, et, quoiqu’il eût à surmonterlui-même bien des embarras, il hâtait, le plus qu’il[pouvait les préparatifs de sa rentrée en campagne.A l’appel désespéré de Schaumburg, il redoublad’activité et, dès qu’il eut pu réunir une trentainede mille hommes, il marcha sur Magdebourg, tantpour se ménager, par la prise de cette place impor-tante, un point d’appui solide, que pour effrayer,par le châtiment infligé à Christian-Guillaume, lesïprinces allemands qui seraient tentés d’embrasser lacause du roi de Suède.
Il est vrai que l’exemple de l’administrateur deMagdebourg et des ducs de Mecklembourg n’avaitguère été contagieux, et malgré ses nouveaux succès,Gustave-Adolphe continuait à n’avoir aucun partisérieux sur le continent. L’électeur de Saxe, Jean-Georges, dont il aurait désiré avant tout l’alliance,parce que ce prince était le chef des luthériens enAllemagne, ne pouvait se décider à rompre avecl’Empereur et repoussait toutes les avances qui lui