— 87 —
de la voie des armes pour les y contraindre »; que leroi de Suède emploierait en Allemagne au moins30,000 hommes d’infanterie et 6,000 de cavalerie« pour soutenir uneguerre aussi juste qu’importante »,et que le roi de France lui allouerait annuellementun secours de 1,200,000 livres, payable par moitiéles 15 mai et 15 novembre, à Amsterdam ou à Paris.Comme Gustave-Adolphe avait déjà fait de grandesdépenses, la France lui compterait en lettres dechange, le jour même de la signature, 300,000 livresen sus de la somme fixée. Ces conventions resteraienten vigueur jusqu’au mois de mars 1636 et devaientêtre renouvelées si, à cette époque, la paix n’avait,pas été rétablie. On voit qu’en définitive, la Francene prenait point encore les armes et n’intervenaitdans la lutte que par ses subsides. Mais Gustaven’en demandait pas davantage : quand il aurait l’ar-gent, il ne serait pas en peine de se procurer lessoldats.
Alors seulement, il put espérer de mettre à exécu-tion un vaste plan d’opérations qu’il avait conçu dèsle commencement de l’automne, mais dont les cir-constances et la faiblesse de ses moyens avaientajourné la réalisation. Prévoyant qu’il aurait bientôtsur les bras toutes les forces de l’Empereur et de laLigue catholique, il se proposait de multiplier lesattaques et les diversions, afin d’obliger l’ennemi àse diviser, et voulait, avant tout, se rendre maîtrede tout le littoral de la mer Baltique et de la mer duNord, depuis les frontières de la Pologne jusquecelles de la Hollande ; lorsqu’il tiendrait les embou-chures des principaux fleuves et aurait réussi à éloi-