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gner définitivement l’ennemi des côtes, il pénétreraitau cœur de l’empire, résolu à ne s’arrêter qu’aprèsavoir brisé la puissance de la maison de Habsbourget l’avoir exclue de l’Allemagne.
Pour mener à bien ce grand dessein, le Roi se pro-posait de constituer cinq armées. La première, dontil se réservait le commandement, devait être forte de
21.600 fantassins (y compris 4 régiments attendusde France) et 6,500 cavaliers, et était destinée àopérer dans la Poméranie citérieure et le Mecklem-bourg, de Stralsund à la rive droite de l’Elbe. Laseconde, comprenant 15,600 hommes de pied et
2.600 chevaux, sous le feld-maréchal Ilorn, seraitchargée de défendre la Poméranie centrale, depuisStralsund jusqu’à Kolberg, en s’appuyant sur Stet-tin. La troisième (9,000 hommes d’infanterie et2,500 de cavalerie), aux ordres de Teuffel, agiraitdans la Poméranie ultérieure, de Kolberg aux con-fins de la Prusse polonaise. La quatrième, formée destroupes de l’administrateur de Magdebourg (environ11,000 hommes, dont un millier de cavaliers) etrenforcée par les 6,000 soldats que Falkenberg avaitlevés en Hollande, défendrait la région comprise entrel’Elbe et la Weser, en attendant qu’une cinquièmearmée, tirée de Suède, vînt boucher la trouée entrela Weser et l’Ems. C’est en parlant de ces projets etpréparatifs que Richelieu écrivait qu’« il se formaitcontre eux — contre les adversaires communs de laFrance et de la Suède — un si grand orage de guerreque toute la maison d’Autriche serait ébranlée et leurempire à telle extrémité qu’ils se tiendraient eux-mêmes pour perdus ». Mais Gustave-Adolphe n’eut