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indigne conduite autorisait les Suédois à user dereprésailles. » Au reste, on devait voir peu après,à Magdebourg, de bien plus effroyables scènes decruauté.
La perte de Neu-Brandenburg, d’ailleurs, com-pensée par la prise de Ivolberg (12 mars) ( ! ), ne dé-tourna point Gustave de son entreprise sur Francfort,dont il poussait les préparatifs avec la plus grandeactivité; le Roi jugea que le meilleur moyen d’em-pêcher Tilly de profiter de sa conquête et de con-tinuer sa marche vers la Peene, c’était de s’avancer deson côté vers le sud. Il venait d’ordonner aufeld-maré-chal Ilorn, que la capitulation de Ivolberg rendaitdisponible, de passer avec 7,000 hommes sur la rivegauche de l’Oder et de prendre position à Friedland(in-Mecklenburg), pour couvrir, de concert avecBaner, le siège de Greifswalde ; lui-même quittaStettin avec 10,000 fantassins et 5,000 cavaliers,remonta l’Oder et vint s’établir entre Vierraden etSchwedt, dans une presqu’île formée par un bras du
(') La ville ne se rendit qu’après avoir épuisé toutes ses res-sources et lorsqu’elle eut perdu tout espoir d’être secourue.
« Cette place est devenue célèbre par la bonne conduite de sescommandants et n’a manqué jusqu’ici que par le défaut devivres », écrivait le colonel Stammfort en 1770; on sait qu’elle afourni depuis, en 1807, une résistance encore plus glorieuse, flest à regretter qu’on ne connaisse pas exactement le nom dubrave commandant qui dirigea la défense en 1630-1631; nousl’avons appelé Franz de Moers d'après Puffendorf et les histo-riens allemands; mais Mauvillon, le général de Grimoard etd’autres auteurs disent qu’il se nommait Julian. Notons encore,car le fait est assez rare à l’époque, que les Suédois ne purentdébaucher qu’une faible partie de la garnison, qui avait obtenules honneurs de la guerre et se retira à Landsberg.