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fleuve, où il fit construire un camp retranché; deuxponts, dont la tête fut également couverte par desouvrages solides, devaient lui permettre de passerd’une rive à l’autre sans être obligé de retournerchaque fois à Stettin.
La présence du Roi à Schwedt, de Baner à Dem-min et de Horn à Friedland, décida Tilly à rétro-grader jusqu’à Ruppin, position intermédiaire quilui permettait de se porter, selon les circonstances,soit dans le Mecklembourg, soit vers l’Oder. Il nerenonçait cependant pas à se mesurer avec Gustave,et il résolut de faire tâter le camp suédois par uneavant-garde de 2,500 hommes aux ordres du comteColloredo. Celui-ci alla passer la Havel à Oranien-burg et s’avança, par Biesentlial et Paarstein, surSchwedt; mais les retranchements lui ayant paruaussi solides que bien gardés, il rebroussa chemin etdissuada Tilly de tenter l’attaque. C’est alors que legénéralissime prit le parti de rejoindre Pappenheimdevant Magdebourg, non seulement parce qu’il voulaiten finir avec la résistance opiniâtre de cette ville,mais encore parce qu’il espérait bien entraîner Gus-tave à sa suite et l’obliger enfin à accepter le combat .
Tout autre était le dessein du roi de Suède ; s’ilavait intérêt à empêcher la chute de la seule grandeville allemande qui eût pris les armes pour lui, iltenait bien davantage à achever, par la prise deFrancfort, la conquête de la ligne de l’Oder. Ausurplus, cette expédition constituait elle-même unediversion utile à Magdebourg, car Tilly ne manque-rait pas, vraisemblablement, de revenir au secoursde Schaumburg; seulement, il était maintenant trop