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mais surtout l’annonce de l’arrivée prochaine de Gus-tave-Adolphe, avaient excité le courage des Magde-bourgeois; le Roi leur avait écrit pour les exhorter àtenir encore trois semaines, et l’on ne doutait pas, dansl’un et l’autre camp, qu’il ne se hâtât de marcher ausecours de l’un des principaux boulevards du protes-tantisme. En effet, il était parti de Francfort-sur-l’Oder avec deux régiments d’infanterie et toute sacavalerie (18,000 fantassins et 7,000 chevaux) etétait venu camper à Kœpenick, à 3 lieues de Berlin(10 mai). Mais il avait pour maxime de ne jamaiss’avancer sans avoir parfaitement assuré ses der-rières, et avant de pousser plus loin, il voulait obtenirde l’électeur de Brandebourg la remise des forte-resses de Iüistrin et de Spandau. Georges-Guillaumeayant cherché à éluder ces exigences, surtout ence qui concernait Spandau, Gustave se rendit àBerlin avec une forte escorte et, par ses menaces,arracha à son beau-frère les concessions d’abord refu-sées. Les deux places furent livrées et l’armée sué-doise se porta de Kœpenick sur la Havel, la gauche àPotsdam, la droite à Spandau (16 mai). Le cheminde Magdebourg semblait, cette fois, lui être ouvert :cependant le Roi ne crut pas pouvoir prendre immé-diatement l’offensive contre Tilly. Deux routes seu-lement pouvaient le conduire sur l’Elbe : celle quipasse par Brandenburg et Mœckern, et celle, plusméridionale, qui vient aboutir à Wittenberg ouà Dessau. Or, il lui était difficile de suivre la pre-mière, non seulement parce que le pays quelle tra-verse était épuisé et qu’on n’y eût trouvé ni vivres nifourrages, mais encore parce qu’il aurait fallu exé-