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V.— Invasion de la Saxe par l’armée impériale-catholique; occu-pation de Leipzig. — Jonction des armées suédoise et saxonne ;
bataille de Breitenfeld (ou de Leipzig).
L’invasion de l’année impériale en Saxe n’était passeulement commandée par la nécessité de se pro-curer des vivres ; elle était conforme, en outre, àla politique qui avait prévalu à Vienne depuis laconquête de Magdebourg. L’Empereur, décidé à nepas tolérer plus longtemps la conduite équivoque del’Électeur, exigeait de ce prince une soumission en-tière et effective, et il repoussa les sages avis del’électeur de Bavière, qui préférait laisser les Saxons.garder une neutralité même douteuse que de les voirse jeter dans les bras du roi de Suède. Par ordre deFerdinand II, Tilly adressa de WoIImirstædt à Jean-Georges une sommation catégorique : il était enjointà l’Électeur, sous peine d’être traité en ennemi,1° d’ouvrir immédiatement ses États à l’armée catho-lique et de lui fournir des quartiers et des vivres ; 2°decesser tout préparatif de guerre et de joindre sestroupes à celles de Tilly, de qui elles recevraientdésormais des ordres ; 3° de reconnaître sans restric-tion ni arrière-pensée la suprématie de l’Empereur etd’user de son influence sur les autres princes pro-testants pour les engager à suivre son exemple.Jean-Georges, que les envoyés du généralissime trou-vèrent à Merseburg, repoussa avec fermeté cettesorte d’ultimatum, tout en protestant de son dévoue-ment et de sa fidélité à l’Empereur. Il fit observer« que la prudence ne lui permettait pas de se décla-rer contre Gustave-Adolphe, qui n’avait que lElbe àtraverser pour entrer dans son électorat et y porter