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la guerre avec une armée victorieuse; que cetteappréhension l’avait engagé à se renfermer dans lesbornes d’une exacte neutralité, et qu’en se conduisantainsi il ne manquait pas à ce qu’il devait au chef del’empire, qui ne pouvait rien exiger au delà de ceque requéraient les constitutions germaniques ».
Tilly n’avait point attendu cette réponse pourentrer en Saxe ; il avait quitté Wollmirstædt le28 août avec les 23,000 soldats qui lui restaient, ets’était dirigé par Aschersleben sur Eisleben, où ilavait rallié un corps de 17,000 hommes que le comteEgon de Fiirstenberg ramenait d’Italie et qui étaitprimitivement destiné à réduire le landgrave deHesse et les autres princes récalcitrants; cette mis-sion fut confiée au comte de Függer, qui était enFranconie avec 10,000 hommes nouvellement levéspar la Ligue catholique. En même temps, le généralis-sime ordonnait à Aldringer, qui avait 8,000 hommesen Souabe, et à Tiefenbach, qui avait rassemblé enSilésie 6,000 fantassins et 3,000 chevaux, de serapprocher des frontières de Saxe pour renforcer, aubesoin, la grande armée. Celle-ci comptait donc, avecFiirstenberg, 40,000 hommes, et en aurait eu60,000 avec Aldringer et Tiefenbach; mais ce der-nier avait reçu de sa cour l’ordre exprès de protégerles États héréditaires et devait naturellement s’yconformer avant de déférer à l’invitation de Tilly.En attendant, l’armée impériale-catholique partitd’Eisleben (4 septembre), passa la Saale à Halle etse dirigea par Schkeuditz sur Leipzig.
Dès l’instant que l’invasion de la Saxe était défini-tivement résolue, il semble qu’au lieu de faire un