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avait fait l’année précédente à Werben, et d’y défierl’attaque de l’ennemi, en attendant qu’il pût y êtrerejoint par toutes les forces qu’il avait dans l’ouest etle midi de l’Allemagne.
Cette détermination du roi de Suède a été l’objetde vives critiques. Il est certain qu’elle lui fut inspi-rée tout d’abord par le sentiment de son inférioriténumérique. Ayant dû laisser Bernliard de Weimaren Souabe, pour achever la pacification et la con-quête de cette région, et Baner à Donauwœrth, pourgarder ce passage important, il ne disposait plus quede 18,000 hommes (16 régiments d’infanterie et150 compagnies à cheval), avec 60 canons — soit àpeine le tiers des forces que Waldstein menait contrelui. Mais cette infériorité même ne lui commandait-elle pas de se replier sur le haut Danube, ou mieuxencore sur le Main, sa vraie base d’opérations, afind’y réunir ses troupes dispersées? Ce n’était, évidem-ment, pas en s’enfermant dans un camp retranché,où il pouvait être forcé ou, en tout cas, affamé à lalongue, qu’il devait se flatter de hâter et de faciliterla concentration de forces qui était alors pour lui lagrande affaire. A la vérité, comme le dit Clausewitz,Gustave avait pleine confiance dans son génie etdans sa fortune; toutefois, cela ne suffit pas pourexpliquer sa conduite, et il faut en chercher les mo-biles dans des préoccupations d’ordre politique qui,cette fois encore, l’emportèrent sur les considérationspurement militaires. Si le Roi se repliait sur sesrenforts, il reprenait à coup sûr tous ses avantages,mais il perdait non moins sûrement Nurenberg, àqui Waldstein et Maximilien se promettaient bien de