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posait de marcher sur Dresde, lorsqu’il fut informéde l’approche du roi de Suède.
Gustave, en effet, avait repassé le Danube dèsqu’il avait été prévenu (à Neuburg) que l’objectif deson adversaire était, à n’en plus douter, la Saxe.Laissant Christian de Birkenfeld en Bavière avec unpetit corps, il appela à lui les 5,000 hommes laissésà Nurenberg sous Knyphausen, et se dirigea surArnstadt, où il avait donné rendez-vous à Bernhardde Weimar, en lui envoyant l’ordre de ne rien entre-prendre avant son arrivée. Bernhard arriva à Arn-stadt fort mécontent, car il avait déjà projeté d’allercouper la route à Pappenheim, et une brouillesérieuse faillit éclater entre le Roi et lui. Tout s’ar-rangea cependant, et l’armée suédoise se porta surErfurt, où la reine Eléonore, femme de Gustave-Adolphe, avait établi sa résidence. C’est là que Gus-tave se sépara de son chancelier Oxenstjerna, qu’ilenvoyait à Francfort dans le but de resserrer les liensentre la Suède et les princes protestants de l’Alle-magne occidentale, et fit ses adieux à la Reine ; nil’une ni l’autre ne devaient plus le revoir. D’Erfurt,le Roi gagna Naumburg sur la Saale (11 novembre),où il commença à se retrancher. Comme le froid étaitdevenu très vif, Waldstein, qui, attentif aux mouve-ments de son adversaire, était revenu à Merseburg, enconclut que les Suédois allaient prendre leurs quar-tiers d’hiver, et se disposa à en faire autant. Pap-penheim, à peine arrivé, ne laissa point passer cetteoccasion de reprendre sa liberté, et démontra augénéralissime que sa présence était indispensabledans l’électorat de Cologne, où Baudissin avait fait