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de nouveaux progrès. Il obtint l’autorisation qu’ilsollicitait, à la condition qu’il s’emparerait toutd’abord de la citadelle de Halle, le Moritzburg.
Mais ce n’était nullement dans le dessein deprendre ses cantonnements que Gustave s’était arrêtéà Naumburg. Il avait récemment passé une revueminutieuse de son armée et l’avait trouvée fortréduite : plusieurs régiments étaient complètementfondus, tous les autres plus ou moins affaiblis; autotal, il lui restait 12,000 hommes de pied et 6,500chevaux. Dans ces conditions, le Roi avait cru pru-dent d’attendre l’arrivée du duc de Brunswick-Lune-bourg, à qui il avait écrit de le rejoindre, et il avaitinvité, d’autre part, l’électeur de Saxe à lui amenerson armée, alors réunie à Torgau. Il ne savait pas alorsque ces deux prétendus alliés n’avaient nullementenvie d’unir leurs efforts aux siens. Jean-Georges,tout en appelant les Suédois à son aide, ne souhaitaitpas moins d’être délivré de Gustave que de Wald-stein; il voulait les laisser — ou pour mieux dire lesmettre aux prises, se réservant d’intervenir avec destroupes fraîches quand ils auraient usé leurs forcesl’un contre l’autre; en un mot, il revenait à sesanciens projets de médiation armée, et le duc deBrunswick-Lunebourg était le premier prince qui fûtentré dans ses idées.
Le roi de Suède, il est vrai, ne put pas s’aperce-voir immédiatement de leur mauvaise volonté, carà peine eut-il été averti, par une lettre interceptée,du départ de Pappenheim, qu’il résolut de marcheraux Impériaux. Ayant donné 40,000 hommes à sonlieutenant, et venant d’en envoyer encore 5 à 6,000