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à charger la seconde, lorsqu’on vint l’avertir del’échec essuyé par son infanterie. Il se reporta alorsrapidement vers le centre à la tête du régiment deSmaland, afin de rétablir le combat; mais, à un cer-tain moment, les cavaliers qui le suivaient n’ayantpu franchir un fossé aussi lestement que lui, il setrouva seul en avant avec le duc François de Saxe-Lauenbourg et deux pages, dont l’un était un jeunepatricien nurenbergeois attaché à la personne du Roi,du nom d’Auguste Leubelfing. Le brouillard, quiavait repris sur ces entrefaites, les empêcha sansdoute de voir un gros de cuirassiers impériaux quis’avançaient; ceux-ci eurent bientôt rejoint le petitgroupe, sur lequel ils déchargèrent leurs pistoletspresque à bout portant (') : le Roi eut le bras gauchebrisé par une balle ; puis, un instant après, commeil priait le duc de Lauenbourg de le conduire horsde la mêlée, il reçut un second coup de feu dans ledos et tomba de cheval. Le duc, croyant Gustavemort, s’éloigna au galop, tandis que, au contraire,le page Leubelfing courait à son maître et s’efforçaitde le relever. Mais les cuirassiers impériaux lesrejoignirent et les entourèrent ; l’un des cavaliers,ayant vainement demandé le nom du blessé, lui tiradans la tête un coup de pistolet qui l’acheva, et Leu-belfing, percé lui-même de plusieurs coups, s’affaissasur le cadavre du Roi ( 2 ).
(*) Suivant une autre version, le Roi, emporté par son cheval,se trouva séparé de ses trois compagnons et alla donner dansl’ennemi, que non seulement le brouillard, mais encore sa myopietrès prononcée l’empêchèrent de voir.
( s ) Leubelfing, laissé pour mort, fut relevé en même temps queGustave et transporté à Naumburg, où il succomba à ses blés-