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se dissiper, l’artillerie ouvrit le feu de part et d’autre;mais les batteries suédoises cessèrent bientôt de tireret Gustave donna le signal de l’attaque. Toute l’armées’ébranla à la fois ; la gauche dut obliquer un peu,afin d’éviter Liitzen en flammes (Waldstein y avaitfait mettre le feu pour empêcher l’ennemi de le tour-ner de ce côté), et se trouva ainsi retardée. L’in-fanterie du centre s’avança vers la chaussée de Leipzig,la franchit malgré le feu meurtrier partant des fosséset s’empara de la batterie qui couvrait le front desImpériaux; elle se rua alors sur les carrés ennemis,et déjà elle en avait rompu deux, lorsque les 24 es-cadrons de cuirassiers de l’aile droite les plus voisinsdu centre tombèrent sur elle et lui reprirent les septpièces enlevées. Cette contre-attaque opportune dela cavalerie impériale donna à l’infanterie ébranléele temps de se reconnaître; Waldstein et Haraucourtportèrent en avant les deux carrés intacts, et les bri-gades de Brahé durent rétrograder à leur tour jusqu’àla grand’route, qu’elles repassèrent, sinon en désordre,du moins dans une certaine confusion.
Pendant ce temps, le Roi s’était avancé à la tête deson aile droite et jeté sur la cavalerie qui lui étaitopposée. Les Croates d’Isolani ne tinrent pas devantcette attaque : ils se débandèrent et s’enfuirent dansla direction de Markt Ranstædt ; un certain nombrefirent le tour de la droite suédoise dans l’intention depiller les bagages du Roi, arrêtés entre le FlossGraben et Meuchen ; mais les escadrons de la secondeligne leur donnèrent la chasse et aucun Croate nereparut plus de la journée. Les cuirassiers deSchaumburg firent meilleure contenance; toutefois,leur première ligne fut rompue et Gustave s’apprêtait