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Campagne de l'Est en 1870-1871 / Pierre Lehautcourt
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GARIBALDI VA daüTUN A DIJON.

Savoie 1 , dont le ministre jugeait le maintien impossible àDijon. Bordone sy opposa, et le différend qui en résulta pritun instant les proportions les plus fâcheuses.

Cet ensemble de circonstances fit que larmée des Vosgesgarda limmobilité autour de Dijon, à lexception des deuxdétachements dont nous avons parlé. Cependant les aver-tissements ne manquaient pas quant au mouvement de len-nemi, de la haute Seine vers la Saône. Dès le 10 janvier,M. de Laborie, ingénieur en chef de la Côte-dOr, recevaitde Châtillon-sur-Seine une note portant que des troupesnombreuses, au moins 20,000 hommes, sous les ordres dugénéral v. Zastrow, traversaient cette ville pour marcher surMontbard. Le jour même il communiquait ce renseignementà Garibaldi, qui répondait : «Soyez tranquille, mes précau-tions sont prises 2 . » M. de Laborie, Kicciotti, Lobbia, plu-sieurs corps francs, les gens du pays renouvelaient ces aver-tissements à maintes reprises, sans plus de succès 3 .

M. de Serres insistait de même sur la nécessité de ne pasperdre de vue Zastrow, qui « remontait vers Langres pourrevenir dans lEst.... ». Il est de toute importance, ajoutait-il, que vous restiez constamment sur son flanc, le harcelantdans sa marche quil est indispensable de ralentir. Le Mor-van et la Côte-dOr sont maintenant à labri. « Le plateau deLangres doit devenir votre base dopérations, d' vous mena-cerez sur une immense étendue la grande ligne des commu-

1 . Ce fait donna lieu à l'échange do curieuses dépêches, témoin celle-ci:Télégramme du ministre au préfet dAnnecy, 8janvier, U h l5 du soir: « On en-voie vos mobilisés à Dijon avec la confiance quils ny verront pas lennemi, etquils pourront y achever tranquillement leur instruction militaire. Mais quantà la déclaration formelle que vous me demandez, elle est au-dessus de monpouvoir, car nul de nous nest maître dos hasards de la guerre. Je suppose,dailleurs, quau besoin les mobilisés de la Haute-Savoie, comme ceux dureste de la France, sauront faire leur devoir. »

Le 12 , Bordone réclamait des armes au ministre. Certaines compagniesde larmée des Vosges avaient jusquà deux ou trois modèles darmes diffé-rents. Des bataillons étaient armés de fusils à piston avec une moyenne dedeux ratés sur cinq coups.

2 . Enqticte, tome III, p. 153.

3. Le 12 , M. de Laborie reçut de Châtillon un® nouvelle note précisant lesrenseignements contenus dans la première ; elle fut communiquée le jourmême à Garibaldi.