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GARIBALDI VA d’aüTUN A DIJON.
Savoie 1 , dont le ministre jugeait le maintien impossible àDijon. Bordone s’y opposa, et le différend qui en résulta pritun instant les proportions les plus fâcheuses.
Cet ensemble de circonstances fit que l’armée des Vosgesgarda l’immobilité autour de Dijon, à l’exception des deuxdétachements dont nous avons parlé. Cependant les aver-tissements ne manquaient pas quant au mouvement de l’en-nemi, de la haute Seine vers la Saône. Dès le 10 janvier,M. de Laborie, ingénieur en chef de la Côte-d’Or, recevaitde Châtillon-sur-Seine une note portant que des troupesnombreuses, au moins 20,000 hommes, sous les ordres dugénéral v. Zastrow, traversaient cette ville pour marcher surMontbard. Le jour même il communiquait ce renseignementà Garibaldi, qui répondait : «Soyez tranquille, mes précau-tions sont prises 2 . » M. de Laborie, Kicciotti, Lobbia, plu-sieurs corps francs, les gens du pays renouvelaient ces aver-tissements à maintes reprises, sans plus de succès 3 .
M. de Serres insistait de même sur la nécessité de ne pasperdre de vue Zastrow, qui « remontait vers Langres pourrevenir dans l’Est.... ». Il est de toute importance, ajoutait-il, que vous restiez constamment sur son flanc, le harcelantdans sa marche qu’il est indispensable de ralentir. Le Mor-van et la Côte-d’Or sont maintenant à l’abri. « Le plateau deLangres doit devenir votre base d’opérations, d'où vous mena-cerez sur une immense étendue la grande ligne des commu-
1 . Ce fait donna lieu à l'échange do curieuses dépêches, témoin celle-ci:Télégramme du ministre au préfet d’Annecy, 8janvier, U h l5 du soir: « On en-voie vos mobilisés à Dijon avec la confiance qu’ils n’y verront pas l’ennemi, etqu’ils pourront y achever tranquillement leur instruction militaire. Mais quantà la déclaration formelle que vous me demandez, elle est au-dessus de monpouvoir, car nul de nous n’est maître dos hasards de la guerre. Je suppose,d’ailleurs, qu’au besoin les mobilisés de la Haute-Savoie, comme ceux dureste de la France, sauront faire leur devoir. »
Le 12 , Bordone réclamait des armes au ministre. Certaines compagniesde l’armée des Vosges avaient jusqu’à deux ou trois modèles d’armes diffé-rents. Des bataillons étaient armés de fusils à piston avec une moyenne dedeux ratés sur cinq coups.
2 . Enqticte, tome III, p. 153.
3. Le 12 , M. de Laborie reçut de Châtillon un® nouvelle note précisant lesrenseignements contenus dans la première ; elle fut communiquée le jourmême à Garibaldi.