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Campagne de l'Est en 1870-1871 / Pierre Lehautcourt
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GARIBALDI VA daüTUN A DIJON. 25

clies du sous-préfet de Sémur, « un alarmiste ». A len croire,il ny avait au nord de Dijon dautres troupes que celles deZastrow. Montbard, Alise-Sainte-Reine et Darcey avaientdéjà été évacués. Lennemi se dirigeait sur Baigneux-les-Juifs, mais on ly attaquerait sil faisait mine de sy arrêter b

Sans doute cette dépêche, en opposition si absolue avecla réalité, convainquit la Délégation quil ny avait aucuneurgence à ralentir le mouvement des colonnes allemandes.En effet, M. de Freycinet adressait le 14 à Bordone un té-légramme de nature à justifier linaction de Garibaldi :«... .Quel que soit mon désir que vous portiez votre quar-tier général plus au nord, je vous prie cependant de ne pasquitter Dijon avant que nous nous soyons mis daccord pardépêche sur la nouvelle position à occuper 1 2 . » Pourtant, le 15à 6 h 55 du soir, le service des reconnaissances signalait deBordeaux à Bourbaki et à M. de Serres le passage du II e corpsprussien, de la 13 e et sans doute de la 14 e division à Joignyet à Auxerre, en marche vers lest. Le préfet de la Côte-dOr, M. Luce-Vieillard, qui montrait le zèle le plus louable,envoyait chaque jour des renseignements très précis sur lemouvement de lennemi. Mais Bordone invitait la Déléga-tion à nen tenir aucun compte; à ses yeux, ce fonctionnaire« appréciait mal la situation». A len croire, lannée desVosges navait encore sur sa gauche que les 15,000 à 20,000hommes de Zastrow. Lobjectif de celui-ci était simplementde masquer les transports qui sexécutaient vers Chaumont,et Bordone se déclarait prêt à lui faire face 3 .

Presque à la même heure, lingénieur Gauckler signalaitde Dijon même la marche de colonnes allemandes par Bai-gneux, Is-sur-Tille, Thil-Châtel. Lune de leurs pointesdavant-garde était à six kilomètres seulement de Gray 4 . Ce

1 . Télégramme du 13 janvier, 9 h 05 du soir.

2. Télégramme du 14 janvier, 8 h 20 du malin. Dans Garibaldi et l'armée desVosges, p. 438, Bordone date à tort cette dépêche du 17.

3. Télégramme du 16 janvier, 8 h 30 du soir.

4. Télégramme du 16 janvier, 9 h 55 du soir, au bureau des reconnaissances etM. de Serres.