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GARIBALDI VA d’aüTUN A DIJON. 25
clies du sous-préfet de Sémur, « un alarmiste ». A l’en croire,il n’y avait au nord de Dijon d’autres troupes que celles deZastrow. Montbard, Alise-Sainte-Reine et Darcey avaientdéjà été évacués. L’ennemi se dirigeait sur Baigneux-les-Juifs, mais on l’y attaquerait s’il faisait mine de s’y arrêter b
Sans doute cette dépêche, en opposition si absolue avecla réalité, convainquit la Délégation qu’il n’y avait aucuneurgence à ralentir le mouvement des colonnes allemandes.En effet, M. de Freycinet adressait le 14 à Bordone un té-légramme de nature à justifier l’inaction de Garibaldi :«... .Quel que soit mon désir que vous portiez votre quar-tier général plus au nord, je vous prie cependant de ne pasquitter Dijon avant que nous nous soyons mis d’accord pardépêche sur la nouvelle position à occuper 1 2 . » Pourtant, le 15à 6 h 55 du soir, le service des reconnaissances signalait deBordeaux à Bourbaki et à M. de Serres le passage du II e corpsprussien, de la 13 e et sans doute de la 14 e division à Joignyet à Auxerre, en marche vers l’est. Le préfet de la Côte-d’Or, M. Luce-Vieillard, qui montrait le zèle le plus louable,envoyait chaque jour des renseignements très précis sur lemouvement de l’ennemi. Mais Bordone invitait la Déléga-tion à n’en tenir aucun compte; à ses yeux, ce fonctionnaire« appréciait mal la situation». A l’en croire, l’année desVosges n’avait encore sur sa gauche que les 15,000 à 20,000hommes de Zastrow. L’objectif de celui-ci était simplementde masquer les transports qui s’exécutaient vers Chaumont,et Bordone se déclarait prêt à lui faire face 3 .
Presque à la même heure, l’ingénieur Gauckler signalaitde Dijon même la marche de colonnes allemandes par Bai-gneux, Is-sur-Tille, Thil-Châtel. L’une de leurs pointesd’avant-garde était à six kilomètres seulement de Gray 4 . Ce
1 . Télégramme du 13 janvier, 9 h 05 du soir.
2. Télégramme du 14 janvier, 8 h 20 du malin. Dans Garibaldi et l'armée desVosges, p. 438, Bordone date à tort cette dépêche du 17.
3. Télégramme du 16 janvier, 8 h 30 du soir.
4. Télégramme du 16 janvier, 9 h 55 du soir, au bureau des reconnaissances etM. de Serres.