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NUITS, VILLERSEXEL.
sur elles. Il n’en poursuivit pas moins la préparation du mou-vement qu’il avait en vue. La colonne Perrin, renforcée le 27d’un bataillon, était le 29 à Baume-les-Dames. De là ellese portait sur Mélisey, au nord de Dure, où elle arrivait le2 novembre l .
Une autre colonne, celle du colonel Varaigne, se dirigeaitle 27 sur Ougney, pour couvrir la droite de Garibaldi aunord-est de la forêt de la Serre. Elle contribuait égalementà « donner de l’air » aux troupes de Besançon.
A ce moment, l’armée de l’Est comptait deux divisionsorganisées, 20,000 hommes environ, non compris la colonnePerrin et une réserve de 1,500 hommes. Les éléments d’une3 e division commençaient à se grouper sur la rive gauche duDoubs, sous les ordres du capitaine de vaisseau Rolland.Dans une dépêche au ministre de la guerre (28 octobre),Cambriels affirmait que l’organisation de ces troupes étaitsuffisante pour qu’elles pussent prendre part à des opérationsactives. 11 était temps qu’elles cédassent leur place à d’autresdestinées, elles aussi, à s’y organiser. Le général ajoutait,fort justement : «_Tout avantage remporté_ par l’ar-
mée de Besançon aura une influence capitale sur les opéra-tions des autres armées, parce qu’un succès dans l’Est peutcompromettre la retraite de l’ennemi et mettre dans l’em-barras les troupes mêmes qui n’ont pas pris part à l’action,tandis qu’une victoire, même aux environs de Paris, ne peutdésorganiser que les corps d’armée.... ayant pris part aucombat....» On voit s’affirmer dans cette dépêche, une foisde plus, l’idée maîtresse de l’expédition de Bourbaki.
Mais le général Cambriels ne devait pas mener à bien cesprojets. Sa blessure s’était rouverte, mettant sa vie en dan-ger; il fut contraint de réclamer son remplacement. La Délé-gation, qui parut voir cette demande avec regrets, ne crut pasdevoir en ajourner la solution. Le commandant de la cava-
1 . A l’approche des troupes allemandes qui allaient investir Belfort, celtecolonne se reporta sur Clerval et l’Isle. Elle fut disloquée le 9 novembre elrépartie entre la 3 e division et la réserve de l’armée de l’Est (Brisac, Journalde marche du 2 e bataillon de la garde nationale mobile de la Meurthe).