COMBAT DE VILLERSEXEL.
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Cependant, une attaque tentée de Moimay sur Marat pardeux compagnies allemandes était repoussée. Mais les troisbatteries de v. der Goltz avaient peine à combattre l’artilleriede réserve du 18 e corps. Deux fois elles cessaient le feu. Ententant de se porter plus avant, l’une d’elles fut tout à coupaccueillie par un feu vif parti du bois des Brosses, et obligéede faire demi-tour en laissant deux pièces à l’abandon. Pour-tant les Allemands nous délogèrent du bois et cherchèrentmême à en déboucher. Mais ils furent pris d’écharpe par laréserve d’artillerie; en même temps, une traction du 9 e chas-seurs, soutenue par le 44 e de marche, rentrait dans le boiset s’en emparait (vers 3 heures). Le 44 e arriva même à trèsfaible distance de Moimay ; le combat resta ensuite station-naire jusqu’à la nuit close.
Vers 2 heures après midi, Werder s’était rendu comptede l’importance de la double action engagée à Moimay et àVillersexel. Aussitôt, il portait le gros de la 4 e division deréserve sur ce dernier point, par la Grange d’Ancin, et ra-menait à Arpenans la plus grande partie des troupes badoisesdéjà en marche sur Athesans. Une seule brigade continuaitdans cette direction et allait cantonner à Lure'. Quant auxneuf compagnies dirigées de Moimay à Villersexel par v. derGoltz, elles étaient remises à la disposition de ce dernieravec une partie de la 4 e division de réserve. Mais v. derGoltz jugeant ces renforts inutiles, ils allaient s’établir à lalisière sud du Grand-Fougeret 1 2 .
Vers le soir, le gros de la division badoise dépassait Arpe-nans dans la direction de la Grange d’Ancin, et le généralv. Glünier portait en avant trois batteries qui dirigeaientleur feu contre Marat. Puis, deux bataillons sortaient du bois
1. V. der Wengen fait remarquer avec raison que ce fut une faute d'arrêterles Badois en marcho vers Belfort. En raison de son infériorité numérique,Werder ne pouvait espérer de battre Bourbaki. Au contraire, il avait intérêtà le devancer le plus possible devant Belfort.
2. Ces mouvements sont incompréhensibles. D’une part, v. der Goltz avaità se maintenir dans Moimay. Do l’autre, nous verrons que le départ de cesneuf compagnies permit à la division Penhoat de s’emparer sans difficulté duparc de Villersexel.