222 NUITS, VILLE11SEXEL.
au sud-ouest de la ville; le 1 er bataillon du 52 e et le 47 e demarche (3 e division du 20 e corps) suivaient ce mouvement.Au moment de cette attaque, le lieutenant-colonel Nachtigalet ses neuf compagnies venaient de se porter de Villersexelau Grand-Fougeret. Le sud-ouest de la ville était donc fortdégarni 1 , et nos troupes enlevaient aisément les premièresmaisons jusqu’à l’église (4 h , 30); elles pénétraient même dansle parc, par une brèche du mur sud. Les batteries de Perrin etscs deux autres bataillons avaient pris position au sud-ouest.Vers 6 heures, par un épais brouillard, le gros de la divisionPenhoat atteignait Villersexel, et Clinchant invitait l’amiralà attaquer la partie de la ville encore occupée par l’ennemi.Le 2 e bataillon du 52 e s’engageait dans la Grande-Rue, en-levant ses maisons une à une. Des Allemands, cernés dansl’une d’elles, faisaient mine de vouloir se rendre, puis ou-vraient le feu et tuaient le capitaine Brun 2 . On mettait lefeu à leur abri, qui les ensevelissait sous ses ruines.
Un faux mouvement de nos adversaires facilitait nos pro-grès. Le général v. Tresckow II avait ordre de tenir à Vil-lersexel, tant que la retraite ne serait pas compromise. Sevoyant devant des forces très supérieures, il crut devoirordonner l’évacuation. Mais les trains de la 4 e division deréserve, dirigés par erreur de la Grange d’Ancin sur Vil-lersexel, encombraient le pont de l’Ognon ; des voituresd’artillerie étaient déjà entassées sur cette même route. Il enrésulta un désordre inouï. Le colonel v. Loos couvrit la re-traite non sans difficulté ; nos troupes le pressaient vivementet l’obligeaient à de fréquents retours offensifs. Le bataillonqui occupait la partie ouest de la ville, serré de près par nosfantassins, avait peine à s’ouvrir passage. Son chef était blesséet pris.
Un fâcheux incident survenait alors. Les troupes engagéespar les l re et 2 e divisions du 20 e corps s’étaient déjà retirées
1 . L 'Êtal-major prussien assure que nous réussîmes à nous glisser dans lepare et le château après le départ de Nacliligal et avant qu’ils ne fussent réoc-cupés. Cette explication fait peu d’honneur à nos adversaires.
2. Historique du 52 e de ligne.