COMBAT DE VILLERSEXEL.
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du combat. Vers 7 heures, Clinchant prévint l’amiral qu’envertu d’ordres reçus à l’instant il était obligé de reprendresa marche vers la droite. Il le priait donc de faire relever lesfractions de sa 3" division entrées dans la ville '. Grâce àl’entrain de Penhoat et de ses troupes, cet ordre inexplicablen’eut pas les fâcheuses conséquences qu’il eût pu entraîner.Le 92 e de ligne, le dernier de nos vieux régiments revenusd’Afrique, reçut l’ordre de soutenir le 52 e . Pendant que le1 er bataillon de ce dernier, vigoureusement entraîné par lecommandant de Soulages, forçait l’entrée principale du parc,trois compagnies du 92 e (l re , 2 e et 3° du 1 er bataillon), com-mandant Roche, y pénétraient par la grille de l’ouest, refou-laient à la baïonnette tout ce qu’elles trouvaient devant elleset atteignaient ainsi le château dent elles s’emparaient endélivrant 120 prisonniers. Le reste du 1" bataillon appuyaitles 2" et 3 e bataillons du 52 e dans leur cheminement au tra-vers du bourg. Enfin, l’amiral faisait couper, par le génie,la passerelle de la Forge, afin d’empêcher un mouvementtournant.
Sur les entrefaites, l’ennemi recevait un nouveau contre-ordre. Werder, apprenant l’évacuation de la ville, prescrivaità la 4' division de réserve d’y rentrer 1 2 . Aussitôt trois batail-lons et demi de landwehr se portèrent sur le pont de pierre.En y arrivant, ils rencontrèrent un régiment prussien enpleine retraite. Lui aussi fit demi-tour et rentra dans le
1 . Les motifs de cet ordre de Bourbaki ne nous sont pas connus, mais il étaitde la plus haute imprudence de nous affaiblir à Villersexel avant même d'enavoir chassé l’ennemi.
2. D’après l 'État-major prussien, Werder prescrivit à ses troupes, entre 7 et8 heures du soir, de se maintenir dans les positions occupées.
Lôhlein explique ainsi la confusion d’ordres et de contre-ordres où tombèrentles Allemands :
V. Tresckow prescrit au colonel v. Loos de défendre Villersexel aussi long-temps qu’il lé pourra sans danger ; le major Kretschmann apporte ensuite dugénéral v. Sclimeling l’ordre de n’évacuer le bourg en aucun cas; le soir, à7 h l5, Werder prescrit de se maintenir sur les points occupés. Son intentionest d’y attendre nos attaques le 10 , ou, si elles ne se produisent pas, demarcher sur Belfort. 11 fait évacuer Vesoul et porte sa garnison sur les Belles-Baraques, pour intervenir, au besoin, vers Esprels. Il ordonne, enfin, de faireoccuper Villersexel, le 10, par deux bataillons avec de la cavalerie et de l’ar-tillerie. " . -