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Campagne de l'Est en 1870-1871 / Pierre Lehautcourt
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224 NUITS, VILLEESEXEL.

bourg, non sans un vif combat. Daprès un Allemand, témoinoculaire, une quinzaine de Français, cernés dans une maisonen flammes, se défendirent avec la dernière énergie. Enfin,elle sécroula et ils disparurent sous les décombres, avecune retentissante clameur de mort, « mit gellendem Todes-geschrei 1 ! » Un bataillon réussit à réoccuper la partie est dela ville, nous avions à peine pénétré ; le reste demeuraen notre possession.

Mais un bataillon de landwehr sétait dirigé sur le parc etle château. Son attaque fut d'abord repoussée par le 92";pourtant, le major v. Wüssow, avec une partie dun autrebataillon, réussit à pénétrer dans le rez-de-chaussée du châ-teau ; le gros des deux bataillons le suivit, tandis que lestrois compagnies du 92 e entretenaient un combat acharnédes étages supérieurs et dans les caves. La loge du conciergeet la maisonnette en face, à vingt-cinq mètres du château,restaient même à nous (8 heures).

Cependant, la moitié dun nouveau bataillon de landwehrremontait les pentes qui descendent du château vers lOgnon ;un autre, qui occupait le nord-est de Villersexel, jetait deuxcompagnies dans cette direction. Le combat se continuaittoujours plus vif, dans les escaliers et les couloirs; les land-veliriens réussissaient à pénétrer dans le premier étage et àsemparer dune pièce en y faisant de nombreux prisonniers.Mais le reste du château demeurait en notre pouvoir 2 . Sclitne-ling donnait alors lordre de nous enfumer et les landweh-riens lexécutaient au pied de la lettre 3 (vers 10heures). Onincendiait la partie ouest et, peu après, sur le bruit que nousmenacions déjà le pont de pierre, la majeure partie des assail-lants se repliaient vers lOgnon quils traversaient à gué, quoi-que la passerelle existât encore ; plusieurs se noyaient dansles eaux glacées. Le colonel v. Krane et le major v. Wüssow,

1 . V. lier Wengen. Des Allemands cachés dans les caves y furent étoufféspar la fumée. Dautres en sortaient encore deux jours après, poussés par lafaim (Penhoat).

2. Lôhlein signale ce combat comme lun des plus acharnés de toute la cam-pagne.

3. Contre le désir du général (V. der 'Wengen).