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ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. I.
Ion antiquité, les toits de f Aréopage faits de terre grasse, Sc à Rome dans le Temple-du C apitoie, la cabanne de Romulus couverte de chaume.
On construisit ensuite des maisons avec du bois & d’autres matières, Sc les hom-mes étant continuellement obligés de vendre Sc d’acheter, se virent dans la néces-sité de rassembler leurs demeures, Sc de former des sociétés différentes où ils pus-sent vivre sous des loix communes ; voilà l’origine des Bourgades Sc des Villes ;■on travailla ainsi à assurer les possessions Sc les héritages ; les Villes se fortifièrentde remparts, Sc les Citoyens pourvurent à leur santé par des demeures commodes-qui les garentirent dé la violence des vents, des exhalaisons de la terre Sc du ra-vage que peut causer le débordement des rivières. Enfin l’Architecture ayant faitquelques progrès, après qu on se fut appliqué à ce. qui étoit seulement à lissage dela vie, c’est-à-dire à la solidité, la salubrité Sc la commodité, on chercha à don-ner de la magnificence aux Temples qu’on éleva en l’honneur des Dieux, Sc auxmonumens dressés pour conserver la mémoire des grands hommes ; on trouva in-sensiblement des proportions Sc des régies. On fit les Temples sacrés plus vastespour-qu ils puíîent contenir les hommes qui s’y rassembloient ; l’art leur donna en-suite une proportion convenable à la dignité du culte divin Sc des Mistéres de laReligion. A mesure que le luxe sffntroduisit -, on enrichit ces momumens des or-nemens les plus précieux, soit que l’on crût en effet honorer la Divinité, soit quel’on voulût par là augmenter le respect du peuple, sur qui les objets sensibles onutant de pouvoir. Tous ces ornemens passerent aux Palais des Souverains, Sc les pre-mières habitations rustiques, qui n’avoient auparavant pour objet que futilité, dé-tinrent aussi susceptibles de quelque décoration.