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1 (1752) Une Introduction à l'Architecture, un Abrégé Historique de la Ville de Paris, & la description des principaux Edifices du Faubourg St.Germain
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ARCHITECTURE FRANÇOISE,Liv. I.

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CHAPITRE PREMIER.

Hìjloire abrégée de VArchitecture , ù 1 des changemens auxquels elle a étésujette depuis les premiers Jtécles jusqu à présent . Avec une descriptionsuccinte de s principaux Monumens de t Egypte , de la Gréce - & deVItalie.

ture.

L 'Ecriture Sainte sait mention csiine Ville que Caïn bâtit vers ian Jòô du monde, Origine «t«Sc quil appella Hénoc, du nom de son fils. Ceíl la premiere notion que shis 1 ArcLltee ~toire nous fourniíTe touchant lArchitecture, ce qui pourroit en quelque façon nousfixer le tems Sc le lieu cet art a pris naissance. Les descendans de Caïn - à quila même Ecriture attribue lmvention de presque tous les arts, porterent fans doutecelui-ci à quelque degré de perfection; ainsi lon peut, suivant ce Livre sacré , re-garder r Asie comme le berceau de lArchitecture, Sc juger que cest de cette par-tie de lUnivers quelle seíl répandue dans les autres.

Babilone, dont les murailles (V) font regardées comme la premiere des sept mer-veilles (h) , fut bâtie vers lan du monde 2860. Ce fut environ en ce tems- quorìvit paroître en Egipte les fameuses Villes de Thébes Sc de Memphis, Sc que lesanciennes Villes de la Gréce Sc des autres pais commencerent à être fondées. Nem-rod, arriere-petit-fils de Noë , jetta, selon la Genèse , les premiers fondemens deBabilone.

Sémiramis, Reine dAísirie, veuve de Ninus, travailla ensuite à embellir cette

r (á) Ces murailles, qui, selon Vitruve, étoient toutesbâties de briques & de bitume, (le pays en produisant avecabondance,) avoient trente pieds dépaisseur ; on pouvoitfaire passer fur elles deux chariots de front, & elles avoientdeux cens pieds de hauteur, fans celle des tours qui lessurpassoient encore de quarante pieds. La circonférence deBabilone, au milieu de laquelle passoit lEuphrate, étoitdenvironssoixante mille pas ; les maisons y étoient tenueséloignées les unes des autres dans le dessein dy laisser desterres labourables pour y semer de quoi se nourrir, en casde siège. Hérodote dit que les murs de cette superbe Vil-le étoient percés de cent portes, dont les ventaux étoientde bronze & dune grandeur extraordinaire. Mais cecinest rien en comparaison de la description que Pline &Pausanias nous ont laissé du Château Royal que cette Vil-1 le renfermoit, & que plusieurs Auteurs attribuent à Sémi-ramis & dautres à Belus. Son enceinte étoit fortifiée detours de quatre-vingt pieds de haut : des jardins spacieux yétoient íoutenus par des murs voûtés de vingt-deux piedsdépaisseur, qui élevoient ces jardins en forme de théâtre,de maniéré quavec les eaux qui y abondoient, ils parois-foient autant de merveilles suspendues en lair. Le mauso-lée de Bélus étoit superbe, & le Temple quon dédia à ceRoi étoit de la plus grande magnificence ; dans son milieusélevoit une tour quarrée à huit étages en forme de terras-se ; à son extrémité étoit un autre petit Temple qui, selonDiodore, a servi dobservatoire aux Chaldéens.

(A) Ordinairement on met au nombre des sept merveil-les du monde, 1°. les murs de la Ville de Babilone, dontnous venons de parler.

2". Les piramides dEgipte. (voyez la note d).

3°. La Statue colossale de Jupiter Olimpien, faite dor &dargent, haute de soixante aulnesselon Pline, & poseeà lextrémité duTemple dédié à ce Dieu,a Elis,aujourd'huiLanganica, Ville située entre F Achaïe & 1 Arcadie. Cet-te figure étoit du fameux Phidias, qui etoit si fort en véné-ration chez les Lydiens, que pour F amour de lui n rut der-fendu à tout Esclave dapprendre la sculpture, crainte delavilir & de la profaner. Paulanias, qui dit avoir vu cette

Statue, est lAuteur qui nous en a laissé la plus ample &la plus exacte description, (voyez celle duTemple de Ju^piter, note w.)

4°. Le tombeau de Mausole Roi de Carie, que la ReinsArthemise son épouse fit bâtir à Halicarnasse. (voyez la'note n. )

y°. Le Temple de Diane à Ephese. ( voyez la note r. )

< 5 °.LeColosse de Rhodes,dédié au Soleil parThéagonesPrince de cette Ifle. Cette figure, dont la hauteur prodi-gieuse de soixante-dix aulnes, donna le nom de colossale àtoute statue au-dessus du naturel, fut achevée & dressésenviron lan du monde y 686 par Chares le Lydien, ellenest restée debout quenviron J 6 ans, un tremblement deterre en renversa une grande partie, & ses débris qui res-terent épars environ huit cens soixante-cinq ans, furentenlevés, selon la remarque de Scaliger , par lordre deMauvia Sultan dEgipte & de Perse , qui, en chargea neufcens chameaux ; voyez Strabon , Pline, &c.

7°. Le fameux Phare, que Ptolomée Philadelphe RoidEgipte fit élever lan du monde z 670, à lentrée du portdAlexandrie, près de lembouchure du Nil. La magnifi-cence de ce bâtiment consistoit dans une tour prodigieuse-ment haute, & dont les dissérens étages construits de pier-re blanche , se terminoient en haut par une espece de lan-terne. Ce monument quon dit avoir couté 800 talens ouenviron 18000000 livres, fut fait par Sostrate Gnidien.La Ville dAlexandrie conserve encore des restes considé-rables de fa premiere magnificence , entrautres les murssuperbes & les canaux quAlexandre fit creuser pour con-duire leau du Nil par la Ville; monument illustre des en-treprises de ce grand Prince, & du sçavoir de Dinocrate*On y voit auffi, au rapport de Pline , deux obélisques dequatre-vingt-dix pieds de hauteur , dont 1 un est renversé& lautre debout, & dautres restes remarquables tant dunAmphithéâtre dont parle Strabon, que des Palais de Cléo-pâtre , de César, & des anciens Rois dEgipte. Le pluscurieux monument est la Colonne de Pompée, dressée versla Mer Mareotique ; elle est dun Ordre Corinthien, & dela hauteur de celle de Trajan,

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