T64 ' ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. L
Couvertu-re des édi-fices.
loríqiui s’agit de quelqu’aile de bâtiment de peu de profondeur , on peut faireusage de dales de pierre un peu Inclinées ou convexes , fur des planchers de Char-pente rie ; mais comme cette couverture est fort pesante , l’on préféré le plomb ,qui ayant moins besoin d Inclinaison pour écouler les eaux, procure des terrassesau-dessus de ces mêmes ailes, ou pavillons, ainsi qu’on en volt au Château deMaisons d u côté de feutrée , Sec.
De toutes les couvertures la tuile est la plus ordinaire ; mais comme elle estbeaucoup plus pésante que i’ardoise, à cause de son épaisseur, Sc quelle n’est pasagréable à la vûe, on ne f employé que dans la construction des maisons particu-lières , ou pour les basses cours, les fermes, les métairies , Scc.
La couverture d’ardoise ( n ) est la plus estimée , la plus légère Sc la pluspropre à couvrir les combles, lorsqu’on les veut rendre appareils. La meilleureardoise est celle qui est la plus noire , la plus luisante -, la plus unie , Sc qui estd’une égale épaisseur : f ardoise d’Angers est préférée à celle de Mëziere Sc d’An-..gleterre , cette derniere étant d’une moins bonne qualité , Sc celle de Meziere se.feuilletant à f humidité. On taille l’ardoise sur différens échantillons , dont on faitusage selon la pente des combles : elle .s’attache avec du clou fur de la latte , quidoit être de cœur de chêne, fans aubier. Sc dont 2 y de 4 pieds de longeur,rompoient la botte-: la latte pour la tuile est beaucoup plus étroite que celle pourV ardoise , mais il s'en trouve 50 à la botte, fur la même longueur. L’une Scl’autre Rattachent furies chéneaux avec du clou, qu’il ne faut pas épargner, au-trement les vents un peu viole ns dégradent les couvertures en peu d’a n né es ; cequi les fait donner ordinairement à f entretien à un Entrepreneur.
Les couvertures de cuivre (0) , quand on ne craint pas la dépense , sont pré-férables à toute autre matière : le cuivre est plus léger que le plomb , Sc n a. pas be-soin de beaucoup de soudure. Il s’employe en tables fort minces, Sc pour les unir *ensemble dans leurs joints montans , on les replie f u ne fur l’autre d’environ unpouce, ainsi qu’on fa observé à f une des ailes du Château de Versailles du côtéssu Jardin. Cette couverture est fort en usage en Suede, où cette matière est très-commune : en France on en employé fort peu, à cause de sa rareté, qui le rendfort cher.
Les couvertures de plomb (p) font fort en usage dans les bâtimens d’impor-tance , lorsque son ne peut donner aux combles une pente suffisante , Sc quedans un climat sujet aux neiges, son auroit lieu de craindre qu’elles ne séjour-nassent trop fur les toits qui se r oient couverts d’ardoise. Le plomb est plus légerque la pierre , mais beaucoup plus lourd que le cuivre, la tuile , Sc f ardoise. Sonentretien Sc sa dépense font hésiter à le mettre en œuvre dans les bâtimens d’œ-conomie , d’ailleurs il est cassant, & sujet à íé gerser à la gelée, Sc il consommebeaucoup de soudure : en général il s’employe noir ou blanchi, coulé , ou laminé.Ce dernier, depuis quelques annnées, a la préférence en France , les tables enétant plus larges, f épaisseur moins considérable Sc fort égale Sc étant par con-séquent beaucoup moins péfant que f autre, qui cependant est d’un meilleur usa-ge pour les descentes, les goutieres, Sc généralement pour tous les ouvrages quidemandent de la résistance. Le plomb laminé au contraire est d’un très-bon servicepour les couvertures, les cheneaux (<?), les noues (r), les arêtiers, les eníaîta-ges, les bourseaux, les ennusures, Sc c : ces ouvrages, pour la plupart, fé font de
(n) L’ardoise ,. du Latin ardojìa, est une pierre d’unbleu noirâtre qui se débite par feuilles ; on la distingue enardoile fine, grosse, quartelette, & dure; les trois premieresfervent pour les couvertures, la derniere pour du carreau& des tables.
( 0 ) Métal dont les Anciens faisoient usage pour cou-vrir leurs édifices ; ils donnoient la préférence à Celui de
Corinthe, xî Corinthtum.
(p) Métal tendre qui íert non-íeulement à couvrir desbâtimens, mais encore dans les jardins , aux fontaines »conduites , tuyaux > baflins, &c.
(4) Nommés par Vitruve compluvìum,
(r) Nommés par Vitruve colliquix.
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plomb