ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. I.
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plomb étamé avec de l’étain fon'du , frotté avec des étoupes ; ainsi le plomb fondupar tables y est plus propre, étant plus brute que l’autre , qui est: trop lissé par lelaminoir. Quelquefois au lieu d’étamer le plomb, on le dore à fhuile , tel qu’on.en voit fur les combles du Château de Versailles, du côté de Rentrée , fur le dômedes Invalides, de la Sorbonne, &c.
De la Serrurerie.
Par le nom de Serrurerie (A ), l'on entend le fer (i) qu’on employé dans le n- h s e r~bâtiment pour la solidité , Se la fureté , ou pour la décoration. Le premier Rappelle rureue °gros fer, Sc íèrt dans la construction, pour entretenir & lier la Maçonnerie avecla Charpenterie , par des ancres, des tirans , des linteaux , des platebarides , desboulons , des étriers , &c. On en fait aussi des manteaux de cheminées , desbandes de trémie, des chevilles, des corbeaux, des potences, à , lorfqu’il est:tout brute, & tel qu il fort de la forge , à l’exception des façons quii convientde donner à ce fer , selon ses différentes formes & usage. Le second Rappelle Ser-rurerie , & a pour objet la sûreté : on en sait les grilles, les barreaux des croisées,les serrures , les pentures, les équerres, les verroux , targettes , Sec , qui après avoirété forgés se travaillent au carreau , Sc Rassemblent à tenons , à mortoises , à entaille,ou autrement , Sc Rattachent ensemble par des goupilles, des prisonniers, Sec. Letroisième Rappelle menu fer ; il a pour objet la décoration , & consiste dans les bal-cons, les rampes, les banquettes , les bascules Sc les Espagnolettes, qui se blanchissentSc s’équarrissent à la lime pour plus de propreté , Sc pour mieux recevoir une cou-leur à fhuile que l’on passe dessus, principalement lorsque ces ouvrages font ex-posés dans les dehors, ou à i’humidité des dedans.
La perfection de tous ces différons ouvrages dépend non seulement de la capa-cité de i’ouvrier , mais encore de la qualité du fer dont on s’est servi. Le meilleurest: celui des mines de Berry : cette Province en fournit de deux eípeces , l’uneest le fer battu , f autre est le fer étiré : ce dernier est beaucoup meilleur , n’a presquepoint de grain, Sc fe caste difficilement à froid. Après le fer de Berry, celui deRoche Sc de Nivernois ont la préférence fur celui de Normandie, de Champagne,
Sccj aussi bien que fur ceux qui nous viennent de Suede Sc d’Allemagne, fur laqualité desqueís on est fort partagé.
En général , le fer fe distingue suivant ses défauts, ses grosseurs, ses façons Scses usages. Il est défectueux , quand il est trop aigre, trop tendre , cendreux,pailleux, Sec. On Rappelle par rapport à ses grosseurs , quarté ou gros fer, lors-qu’il a depuis un pouce jusqu’à trois pouces de gros , aussi bien que celui dehuit ou dix lignes, qu’on nomme carillon. D’autres fe nomment fer plat ou ccret-te, méplat , fer applati, ën lame, fer rond, fer en feuilles, qu’on appelle tôle,
Sec. Par rapport à ses façons il prend les noms de fer étiré, corroyé, coudé, en-roulé , ambouti, fondu , Sec : On Rappelle par rapport à ses usages , fer de pieu ,maillé , d’amortissement, <&c.
Quoique le fer fût assez commun chez les Anciens , on a observé qu’ils n enRassoient pas un si fréquent usage que nous dans leurs édifices , principalement dansl’intérieur de la construction, & qu’à la place de ce métal, pour faire des crampons ,ils employoient le bronze, qui à la vérité, Ril coûtoit moins, seroit plus propreque le fer, celui-ci fe rouillant à l’humidité ; ce qui fait éclater les pierres, &endommage leurs vives arretes.
Au reste, au défaut de bronze , il faut observer de ne pas trop employer defer dans les murs d’une médiocre épaisseur : il en détruit la liaison , Sc coûte fort
» Serrurerie se dit aussi bien des différeïis ouvrages en fer, que de Part de le travailler.» Fer, métal qui fe fond, s e forge & fe travaille au ciseau, & dont on fait de f acier.
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