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ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. I.
'^O'cníïrtïC""tion du••Evstt neuf.
Ttoient auparavant très-éloignés. li se forma de nouveaux Faubourgs au-delà desportes du Temple, de Montmartre , 'Sc de Richelieu ; ceux de St. Martin Sc deSt. Denys s’accrurent'de moitié. La Villeneuve fur gravais, appeiiée auffi la NouvelleFrance , qui étoit demeurée en masures depuis fa destruction en 1593 , pendantles guerres Sc les troubles de PEtat, fut rebâtie en 1624, ainsi que ía Parroisse fousie titre de Notre-Dame de bonne nouvelle , fur les démolitions de l’ancien Faubourg.Tout le terrain compris entre ce Quartier Sc le Faubourg St. Honoré , Sc qui étoitalors en prés ou en marais, lut couvert de beaux édifices, entre lesquels on ouvritde grandes rues. Le derrière de la Chapelle de Saint Roch, où il s’étoit forméune butte des terres qu’on avoir tirées des sosies creusés autour de ia Ville , lors-qu’il fut question de la fortifier de ce côté, fut applani Sc couvert de maisonsmagnifiques. De l’autre côté de la riviere , le Faubourg St. Germain qui s’augmen-toit de jour en jour , s’accrut fi considérablement qu’il étoit auffi grand que le Quar-tier de fUniversité , en forte qu on peut dire qu’en très-peu de tems Paris s’accrucde plus d’un tiers.
Auffitôt que les troubles du Royaume furent appaìfés , Henry IV longea à fairecontinuer les travaux du Pont neuf, Sc il fut achevé en 1604 ( l ). On avoir pro-jette d’y élever des maisons comme fur le Pont Notre-Dame, Sc dans cette in-tention son avoir ménagé des caves dans i’épaisseur de chaque pile ; mais le Roichangea de dessein dès qu’on lui eut fait entendre que cela lui auroit ôté une gran- _de partie de la vue du Louvre , & son boucha les ouvertures de ces caves. Enlôiy , Louis XIII fit placer ia Statue Equestre du Roy Henry IV , ion pere , à lapointe de fille qui sépare ie Pont neuf en deux parties. C est ie premier monu-ment de cette nature qui ait été érigé en France "à la gloire de nos Rois. Vis-à-vis i’entrée de ce pont, fur le Quai des Augustins, il y avoir eu autrefois un Hôteldes Abbés de St. Denys. Cet édifice ayant été détruit par ie tems étoit abandon-né depuis quelques années, en forte qu'on n 5 y voyoit plus que des masures & unjardin qui étoit en fiche. Après f achèvement du Pont neuf, Henry IV fit ouvrir-en cet endroit, & íùr une portion du jardin des Augustins , une grande rue deírente-six pieds de largeur, qui fut nommée la rue Dauphine, On accompagna enmême tems cette rue, des rues d’Anjou -, Christine Sc de la Contrescarpe , qui yaboutissent.
Conjlruâion de la Place Royale „
•Ooniìruo On a vu. ci-devant que ie Palais des Tourneîles ayant été démoli en partiePkce de ia plusieurs particuliers y avoient élevé quelques édifices, mais tout cela fans ordreSo 7 a e. n i fimétrie. Le Roi voulant établir en France une Manufacture d étoffés de foye ,d’or «Sc a argent, y attira deux cens Ouvriers qu il fit venir des Pays étrangers,Sc il les logea dans ce qui restoit encore du Palais des Tourneîles. En 1605 , ceuxqui avoient fintendance de cette Manufacture firent élever un grand Sc magnifi-que bâtiment faisant face à une grande Place qui restoit de f ancien parc de ceFaíais. Cette, idée plut si fort à Henry IV, qu’il résolut de faire continuer le bâ-timent , Sc de faire de tout cet emplacement une Place publique qui porteroit lenom de Place Royale. Il en fit faire auffitôt un plan qui íe trouva contenir 5184toiles quarrées, chaque côté en ayant 72 de longueur (mf Ce Prince fit bâtir àfes dépens un des quatre côté de cette Place, qu il vendit ensuite à différeras Par-- ticuliers, ainsi que l’emplacement des trois autres côtés , à la charge de fe con-former aux -desseins qui leur feroient fournis. Cette Place étant achevée , le Roifit percer quatre rues, dont deux la traversent p*ir le milieu , Sc ayant laissé un espacesuffisant au pourtour de fintérieur de la Place pour les voitures Sc les gens de
(/) Voyez la description de ce Pont au commencement ( ’m ) Voyez la description &, le plan de la Place R ovale■Hu second Volume de cet Ouvrage, Liv. IÎI. Chap. III. dans le second Volume f Liy. IV. Chapitre XXXVIII.
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