ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. II. L77
dont celle à gauche a deux petits étages & une maníarde, Sc celle à droite oùfont les cuisines n’a qu’un rez-de-chaussée, à 1 exception de deux pavillons fur larue qui font simétriques entr’eux, ainsi qtfon le voit Planche II. Les murs pro-posés auroient caché ces ailes dissemblables, qui n'ont d’aiileurs chacune à partaucune analogie avec f ordonnance du principal corps de logis, ce qui auroit dûengager à laisser ignorer ces bâtimens. Cette négligence, qui ne feroitpas tolérabíedans une maison particulière, devient un défaut essentiel de convenance dans unédifice de Timportance de celui dont nous parions, destiné dès son origine à larésidence d’une personne du premier rang.
Le milieu de ce bâtiment au rez-de-chaussée est occupé par un vestibule'fur lacour Sc par un sallon sur le jardin, qui de ce côté communique à de beaux ap~partemens ; à la gauche du vestibule en est un autre qui annonce le grand escalierqui monte au premier étage , Sc à la droite un troisième vestibule servant de dé-gagement pour les Officiers Sc pour l’aile des cuisines. II semble que ce derniervestibule auroit dû avoir une communication libre par des entrecolonnes avec ce-lui du milieu , comme on fa observé à la gauche , toutes ces pieces d’un facileaccès fervent à annoncer la magnificence d’un édifice, & contribuent plus que>toute autre chose à distinguer la maison d’un grand Seigneur d’avec celle d’unparticulier, pourvu néanmoins que le reste du bâtiment ait la grandeur Sc le nom-bre des pieces de parade Sc de société convenable, Sc que la décoration intérieu-re & extérieure y répondent, ce qui ne se remarque pas dans cet Hôtel où lesfaçades font fort simples Sc où la proportion des pieces n’est pas suivant les ioixprescrites par les réglés de fart. Le sallon, par exemple, est trop petit Sc de mau-vaise forme, les chambres à coucher font trop quarrées, elles ne font pas assezprécédées de pieces d’importance, les garderobes y font en trop petite quantité,elles font d’aiileurs éclairées par de petites cours que la hauteur du bâtiment rendsombres Sc peu salubres. La salle à manger est au premier étage, il n’y a pas mê-me d’endroit convenable pour la placer au rez-de-chaussée , il faut servir à man-ger à découvert par la petite cour des cuisines ; enfin il n’y a pas aíîez de com-modités dans cet Hôtel, ni pour l’usage des maîtres ni pour le service des domes-tiques , défaut trop essentiel pour avoir passé fous silence ces observations, Sc quime feroit douter que M. de Cotte, dont nous avons d’excellens ouvrages, ait étél’Árchitecte de ce bâtiment.
> Plan du premier étage . Planche II. Figure premiere.
Ce plan ne donne que la distribution du premier étage du principal corps delogis, ayant dé j a observé que l’aile à gauche ne consistoit que dans un rez-de-chaussíee Sc que celle à droite ne compostait que des appartemens particuliers qui aupremier étage n’ont aucune communication avec ce plan. Le grand escalier don-ne entrée dans une antichambre qui conduit à un appartement de société, Sc dansune seconde antichambre qui mene à deux appartemens complets munis de quel-ques garderobes, Scc. La Chapelle se trouv'e située dans l’un des angles de cebâtiment du côté du jardin ; non-seulement elle paroît placée peu convenablementétant au premier étage, mais encore elle est trop près de la salle à manger, ce quiest contre la bienséance, ainsi que nous savons observé ailleurs.
Elévation du côté de feutrée. Figure deuxième.
Cette Figure représente la façade du côté de la rue, au milieu de laquelle esta porte d’entrée ornée d’un Ordre de pilastres Ioniques surmonté d’une corniche
Tome L
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Hôtel duMaine»