ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. II.
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Elévation
Planche VL
Hôtel-, de
Cette façade est compofêe d’un grand avant-corps double Sc de deux arriere-corps, lesquels íont tenus moins élevés, ce qui donne un air de prééminence àtoute la partie du milieu de ce bâtiment qui est très-avantageux. En général cetteélévation diffère de la précédente en ce que celle-ci est composée de deux étagesréguliers Sc d’un Attique, au lieu que s autre est formée d’une eípece de soubas-sement de deux étages réguliers Sc d’une mansarde. L’Attique dont il est ici-question forme extérieurement avec le premier étage une hauteur commune quien ajoutant de la simplicité à cette ordonnance , lui donne un air de grandeur queMr. Roffrand a toujours sçu répandre dans toutes ses productions. L’entablementqui soutient la mansarde des arriere-corps désigne la hauteur du plancher intérieurqui sépare dans le principal corps de logis le premier étage d’avec l’Attique, fanspour cela diviser les masses de cette façade par de, petites parties. C’est cette con-sidération qui a porté l’Architecte de ce bâtiment à préférer dans bien des occa-sions un Ordre qui embrasse deux étages, lorsqu’il les a fait présider dans ses édi-fices, au lieu d’exprimer par des corniches la hauteur de chaque plancher, ce quisuivant ce sistême, peut être applicable à la décoration d’une maison particulièreoù la dépense des Ordres ne peut avoir lieu.
Il semble qu'il serort à désirer qu on eut supprimé les impostes des arcades dansle principal avant - corps, elles divisent la hauteur des étages qui fait tout lemérite de cette maniéré de décorer. Les croisées bombées de l’Attique qui inter-rompent Fastragale tenant lieu d’architrave à Fentablement supérieur, peuventauffi être regardées comme une licence que nous remarquons ici bien moins paresprit de critique que pour n’en pas conseiller f usage inconsidérément ; ces gen-res de licences perdent toujours à être imitées Sc ne réussissent que quand elles sontbazardées par un grand maître qui sçait dédommager le spectateur par la beautédes masses, de maniéré à ne lui pas donner le loisir de s’appercevoir de quelquesparties accessoires qui sont effacées par la beauté de f ouvrage entier.
CHAPITRE XXVII
Description de VHôtel de Seignelai , Jìtue' rue de Bourbon.
C E T Hôtel fut élevé par Mr. Roffrand en 1716, qui Fa bâti après l’Hôtel deTorcy Sç qui Fa vendu ensuite à Mr. le Marquis de Seignelay ; il est occupéaujourd’hui par Madame la Duchesse deModene. C’est dans cet Hôtel qu’on a vupendant long-tems la fameuse Bibliothèque de Mr. Çolbert.
v Flan au rez-de-chaussée . Planche I.
La distribution de ce plan est très-réguliere : une cour d’environ 9 toises delargeur fur 13 de profondeur, donne entrée à un corps de logis double composed’un très-bel appartement de parade sor le jardin , Sc d’un appartement de commo-dité sor la cour principale Sc sor la básse-cour. Le grand escalier est placé dans levestibule, lequel est élevé, ainsi que tout le rez-de-chaussée du sol de la cour, de sixpieds Sc demi, ce qui procure au-dessous de cet étage ainsi élevé, les cuisines Scoffices sous terre qui dégagent par la basse cour, au bout de laquelle du côté dela rue font pratiquées des remises Sc des écuries distribuées d’une maniéré fort in-génieuse Sc qui contiennent au-dessus des chambres pour les domestiques. A la