ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. III.
DE U0R1GINE ET DE LA CONSTRUCTION DES THEATRES DES ANCIENS,DE CEUX QUI EN ONT FAIT BATIR ,à
Traduit de Flntroduction que le Chevalier Charles Font ana a mise à latête de la description & des desseins de f Amphithéâtre Flavien.
'Des Théâ-tres desAncieas.
De la premiere invention ou da premier établffement des Théâtres .
„ Tout ce que les Auteurs disent sur cette matière sait croire que f invention„ des Théâtres est plus ancienne que celle des Amphithéâtres ; les premiers ont„ commencé dans d’autres états avant qu’ii fut question de la puissance Romaine.„ Selon Cassiodore, dans le Livre X de ses Epîtres, elle fut trouvée par les Paysans,, de la Grece qui avoient coutume de s’assembler les jours de Fêtes dans les Villes
Sc dans les bois, pour y faire toutes fortes de sacrifices Sc de jeux en fhonneur„ de leurs Dieux. Ils donnoient à ces Théâtres différentes formes dont les plus grandes„ étoient obliques , Sc disposées de façon que chacun pût voir tout ce que Ton fai-„ soit au milieu : avec le tems on en érigea dans les Villes des Athéniens avec plus5 , d’ordre Sc de goût ; peu de tems après Denis les perfectionna en y ajoutant bien„ des choses, on en construisit quelques uns dans fille d’Antirode près d’Alexan-drie Sc en d’autres lieux , fur lesquels on célébroit certains jeux, mais feule*„ ment en f honneur de Bacchus.
,, Lffnvention des Théâtres passa des Grecs (f) chez les Romains, fan de leur5 , Ville 391 , fous les Consulats de C. Licinus Stolon & de G. Sulpitius. II régnoit„ alors une maladie incurable à Rome , à laquelle f esprit humain ne trouvant au-„ cunremede, les Romains s’aviserent de recourir à leurs faux Dieux; ils institue-„ r ent différentes Fêtes pour appaiser la Divinité qu’ils croyoient irritée. Ces Fêtes„ fe célébroient fur des Théâtres, Sc afin qu’elles le sussent avec plus de pompe„ Sc de cérémonie, on fit venir à cet effet des gens de la Toscane qui dansoient„ certains ballets au son de plusieurs fortes d’instrumens. Le Peuple prit tant de„ goût à cette nouveauté Sc en fut si possédé , que ne íe souciant presque plus des„ exercices Militaires, il commença à s’adonner avec passion à de pareilles vani-„ tés ; on y ré ci toit des vers fans chant, Sc cet usage continua pendant cent vingt-„ deux-ans; après lesquels le goût augmentant, L. Andronicus y ajouta la Fable,,, ensorte que ce qui étoit au commencement un simple jeu devint un Art, qui„ selon la qualité des sujets qui y étoient traités se divisait en différentes especes.„ Car si l’on introduisoit dans la Fable des Rois Sc de grands Seigneurs, elle étoit,, appellée Tragédie , Sc les vers étoient, suivant le sentiment d’Ovide, d’un stile„ plus grave; si c’étoient des pieces amoureuses, gayes Sc divertissantes, on les„ nommoit Comédies : Sc les autres où il y avoit de la critique Sc de la íàtyre por-toient le nom de Pafiorales.
De la différence qu U y a entre le Théâtre & P Amphithéâtre.
„La différence qu il y a entre íe Théâtre Sc f Amphithéâtre, consiste en ce que,selon Varron, le Théâtre est composé de la figure d’un demi cercle Sc d’un pa-
(z) Voyez ce que Vitruve rapporte sur la maniéré de construire les Théâtres des Grecs, Liv. V. Ch. VIII. p. 170.’lan. XLV. & ce qu’il dit de ceux des Romains, Liv. V. Chap. III, 1 ^, V, VI, VII, p. r q8 Lc suiy. Plan. XLII,
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Plan. aìj v. <Sc ce qu
XLIII & XLIV.