ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. III.
* De la définition de la Scene & de Jes qualités .
DesTstéS- Caíîîodore donne la définition de la Scene, Sc il dit que la Scene ejl le front duAnciens. » Théâtre , ou le lieu far où les ASÏeurs fortoient & s’av ans oient jusquâ l’avant-fene poury, jouer leurs rôles. Isidore , Liv. 17. Cfiap. 43 , dit que la Scene ejl un lieu fur le Thêâ -^tre qui ejl bâti & élevé comme une maijon avec le pupitre , lequel ejl aujjì nommé Or --, cheflre. Les Acteurs comiques Sc les tragiques y chantoient, Sc les Histrions y.3, dansoient ; aujourd’hui on appelle ce lieu anti-fcene ou avant-fcene.
„ Les définitions rapportées par les deux Auteurs que nous avons nommés, doi-,,, vent s’entendre de l’uíàge Sc de la coutume des Grecs, que les Romains ont
après imités en partie. Cependant nous ne manquerons pas d’observer que la„ Scene a eu des commencemens foibles & conformes à l’ancienne Sc originaire„ simplicité des Théâtres, enforte que Virgile dit dans le premier Livre de 1 Enéi-„ de, que les Scenes étoient faîtes de feuilles Sc de branches d’arbres qui íèrvoient,,à garantir du soleil; fi nous en croyons Aristide, on commença bien-tôt à les„ faire de planches, & après on les construisit avec des murailles bien distribuées,3, afín qu’elies fuífent plus commodes Sc quelles eussent un air plus noble. Pour3, orner davantage ces murailles , on y peignoit diverses choses qui fe rappor-,, tòient, ou étoient nécessaires à ce que Ton récitoit. Ces ornemens furent3 , ensuite changés selon les pieces que l’on y représentoit, c’est-à-dire aux Tra-3,giques, elles étoient ornées de colonnes, Sc de statues, avec les attributs de la3, Royauté ; aux Comiques, elles l’étoient de maisons de particuliers, de balcons,3, de vues, de fenêtres, de galleries ouvertes d’un côté, de rues, de places, de toursj, Sc de choies pareilles ; Sc aux Satyriques, on les ornoit d’arbres, d’antres, de3, montagnes , de cavernes, de marais, de fleuves , de rochers Sc de forêts.
Des Machines dont on avoit coutume de fe servir dans les Théâtres .
,, Les Théâtres dans lesquels on étoit accoutumé de représenter les actions Tra-3, giques, pouvoient avoir trois machines, c’est-à-dire une à droite , une à gauche,„ Sc une au milieu ; ces machines tenoient dans les Tragédies lieu de portes ou„ d’entrées avec des vestibules ornés d’images de Héros, par lesquels passoient les„ Acteurs qui jouoient les grands rôles ; l’on a vu que cela s’est mis en exécution„ dans la Grece, lorsque l’on y a joué l’Oreste d’Euripide, de même que dans3, TAmphitrion de Plaute.
„ Les anciens Auteurs de Tragédies avoient la coutume d’introduire fur des ma-„ ctimes les Dieux des eaux: tels étoient Acheloiis, Thetis, Prothée Sc Arethuíè,„ comme on le voit dans l’CEdipe de Sophocle, Sc dans tous les autres Grecs qui3, ont composé des Tragédies. Par ce peu d’érudition que nous venons de rapporter„ à propos des machines, on découvre la grande différence qu’il y a entre celles3, dont les grecs fe íèrvoient, Sc celles que les Latins inventèrent après, lesquelles3, íont encore bien différentes des nôtres dans le Tragique aussi-bien que dans le3, Comique Sc dans le Satyrique ; cependant elles avoient une apparence plus„ grande Sc plus agréable.
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