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2 (1752) La Description des principaux Edifices du Quartier du Luxembourg, avec ceux de la Cité, du Quartier St.Antoine & du Marais
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ARCHITECTURE FRANÇOISE,Liv. III. 19

Des moyens que les Anciens employoienî pour faire entendre les sons C? les voix dans les

Théâtres.

Du tems de Vitruve (ri) il y avoit beaucoup de Théâtres Publics à Rome, dans lesquels cet Auteur dit, qu il ri y avoit aucun vase qni ne résonnât . Pour bien entendre ce trait dérudition, il faut sçavoir que les Théâtres étant construits de,, matières solides , comme de pierre , de marbre , de ciment, & dautres choses,, semblables qui navoient point les qualités requises pour rendre le son, il étoic,, nécessaire dy placer des vases qui eussent la propriété de le faire retentir Sc dej, le répandre par toute retendue du Théâtre, afin que la voix fut distinctement entendue partout. L. Mummius rend témoignage de cet usage, car après avoir ruiné le Théâtre des Corinthiens, il en tira les vases de bronze , les porta à Rome Sc les fit mettre dans le Théâtre de Diane. De plus , Vitruve , Liv. V, Chap. V, rappor-,, te que plusieurs Architectes sages & prudents, ayant à construire quelques Théâtres moins magnifiques Sc à moins de frais , y íaisoient, à la place des va-,, íes de cuivre ou de bronze, mettre de gros vases de poterie dans les murailles, pour faire retentir la voix. Aristote parie aussi de ces vases dans ses problèmes, en disant quils font très-propres pour faire raisonner les murs Sc porter les ac- cents de la voix à ioùie. Ce Philosophe assure encore qu avec ces instruments on3, peut dans une maison faire un écho artificiel. Cest pour la même raison que3, les anciens Architectes laissoient dans les Théâtres quelques espaces ouverts, quils appelioient des cellules , Sc quoiquils servissent encore à dautres usages , ils étoient3, faits pour que la répercussion de Pair vint à former le son Sc le retentissement-, plus grand, afin de porter aux oreilles des Spectateurs les articulations des mots33 plus clairement Sc plus distinctement.

De l Orchejlre , des Sieges , & de la maniéré de s arranger & de sasseoir dans les Théâtres ,

usitée chez les Romains.

3, LOrchestre chez les Anciens étoit une partie du bas du Théâtre contigue à3, la Scene : les Poètes Tragiques Sc Comiques y desee ndoient pour chanter tour à tour les compositions quils avoient faites iun à lenvi de lautre , Sc tan-,, dis que ceux-ci chantoient les autres faiíòient des gestes. Suidas en définissant3, lOrchestre, dit que cest le lieu dont le fol est de planches, Sc les Comé-3, diens jouent leurs rôles. Les Modernes pratiquent aujourdhui un lieu semblable, dont une partie seulement sert d Orchestre , & le reste sappelle Auditoire , tandis que les Anciens ly employoient tout entier.

3, Selon Suetone on remarqua à Rome comme une chose singulière Sc surpre*,, nante faction de Caligula, qui fit asseoir les Chevaliers Sc leurs femmes dans 1 Orchestre. La biíàrrerie de ce Prince eut avec le tems des imitateurs dans cet usage, comme nous le dirons ci-après : cest pour cela que Pline dit, f ai déja,, observe qu a Rome les Sénateurs étoient assis dans ÍOrchesre. Pour ôter cependant3, 1 occasion des bruits Sc des disputes que cette grande foule de monde pouvoit3, exciter dans les Théâtres, on avoit à Rome aísigné à tous les Etats des places« pour y etre astis ; ce qui se nommoit entr eux le droit dêtre assis dans le Théâtre :3, ainsi les Sénateurs etoient astis dans lOrchestre, Sc derriere eux les quatorze Ordres des Chevaliers, après ceux-ci Sc au milieu des sieges susdits étoient pla- ces les Citoyens, Sc tous les autres hommes de quelqu état quils fussent qui3, astistoient a de tels Spectacles ; les Dames étoient au-destus des gradins , placées

(«) Voyez ce que Vitruve dit, Liv. V. Ch. V. p. iy 8. touchant les vases dairain que les Anciens plaçoient entriles sieges du Théâtre, & que Perrault a expliqué plus positivement Note 2 .

Des Théá'tres desAnciens,;