Observa-toire de-Paris*,
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ÚQ Á R C H 1T E CT U RE FRANÇOISE, Liv. III.
hauteur de l’étage de dessous, Sc parce que les croisées de cet étage font tenuessveltes, à cause de i’usage intérieur de ce bâtiment, cet entablement est d’une■'expression Corinthienne , où l'on a suprimé néanmoins la legereté des denticules Sc; des modillons. . • • •
Au-dessus de cet entablement régné une eípece d’Attique, fur lequel s’éleve unappui percé d’entrelas, servant de balustrade à la terrasse superieure de cet édifice;ces. deux parties, élevées l’une au-dessus'de l'autre , Sc à peu près de même gen-ïe, ne paroissent pas faire un bon effet, il est même assez difficile de concevoir lanécessité de cette réitération. Nous observerons auffi que l’avant-corps du milieude cette façade a trop peu de faillie, Sc qu’il est d’une proportion trop étroitepour fa hauteur. Les deux tours pentagonales des deux extrémités de cette faça-de produisent d'assez belles masses, mais nous rappellerons qu’en général il fautéviter de faire des pans coupés, loríqu’on y peut observer des retours d’équerre,autrement ces angles obtus rendent les profils des entabiemens trop camus. Sansdoute Perrault, un des plus grands Théoriciens de son siecle, n’a suprimé ces re-tours que pour conserver un caractère de simplicité - reconnu nécessaire à un édi-fice du genre de celui dont nous parlons.
Elévation de VObservatoire du côté du Septentrion & coupe du même bâtiment .
Planche II. '
'Elévation du côté du Septentrion. Figure Premiere.
Cette façade est beaucoup moins percée à jour que la precedente, mais son or-donnance est la même, tout cet édifice étant isolé : elle différé encore en ce quel’on y remarque trois étages; inégalité de hauteur, qui provient de ce que ce bâ-timent , ainsi que nous Pavons déja observé, se trouve situé sor un terrain incliné.Dans le milieu de cette élévation est un avant-corps ou pavillon quarté , dont laporte marquée A donne entrée au vestibule du rez-de-chaussée, dont nous avonsfait mention,page 58. Ce pavillon est couronné d’un fronton, dans le tympan du-quel sont placées les armes de Sa Majesté avec leurs soports, seul ouvrage de Sculptu-re qui soit employé dans ce bâtiment, si l’on en excepte les deux trophées de l’avant-corps du milieu de la façade du côté du Midi qui sont assez inutiles d’ailleurs,ou qui auroient été mieux placés sor le sommet du bâtiment. Les murs B expri-ment la hauteur des terrasses situées au-devant de l’élevation du côté du Midi, Scdont nous parlerons Planche III.
Cette élévation est ici en perspective pour donner une idée des ressauts que for-ment les avant-corps de ce bâtiment, ainsi que Perraultl’a donné dans Vitruve, enrapportant les desseins de cet édifice, pour designer les termes d’Ichnographie que nousnommons le plan d’un bâtiment , d ’Ortographie que nous nommons élévation géomé-trale , de Scénographie que nous nommons -vue'perspective, & de Spiographie que nousnommons coupe ou profil d’un bâtiment. A propos de cet ouvrage, je remarqueraiqu’il paroît étonnant que Claude Perrault, à qui la plupart de lès contemporainsdonnent la composition de cet édifice, ne fasse lui-même aucune mention qu’ilen ait été 1 auteur, en en'donnant les desseins dans Vitruve, Livre premier, chap. 2.pag. 10. C est fans doute cet excès de modestie qui a détermine ses ennemis àlui disputer 1 invention de çe monument , auffi bien que celle du péristyle du Lou-vre Sc du Thrône, Sc à lui refuser juíqu’au titre d’Architecte , voyant que cet auteurn’avoit pas pris cette qualité dans l’Epitre dedicatoire adressée à Louis XIV, quiest à la tête de* fa traduction de Vitruve, imprimée en i6yz.