ARCHITECTURE FRANÇOISE,Liv. III. 6 r
Coupe de ï'Observatoire . Figure II.
Cette coupe est prise dans le plan fur la ligne méridienne AB, Sc montre íedévelopement intérieur du milieu de l’édifice, auffi bien que l’inégaìité du terrainCD. Ce bâtiment n’est susceptible en-dedans d’aucune décoration intéressante , àl’exception du vestibule marqué A, reconnu pour un chef-d’œuvre dans son gen-re , Sc comme la feule piece qui monte de fond dans la hauteur des deux étages.Néanmoins nous ferons remarquer ici que ce monument mérité l’examen des hom-mes connoiffeurs dans fart de la construction, Sc l’attention de ceux qui veulentfaire leur profession de la pratique du bâtiment, pouvant être regardé comme lemodele d’un ouvrage véritablement régulier, tant pour les principes du trait, quepour la beauté de l’apareil. La lettre D exprime l’ouverture circulaire qui perceverticalement ce bâtiment, Sc qui est prolongée juíques dans le fond des caves quiont 168 pieds de profondeur. Ces i68 pieds joints à 81 que cet édifice a dehauteur font ensemble 249 pieds pour la profondeur de cette ouverture qui estdestinée à l’usagedont nous avons parlé page 58.
Tout cet édifice est couvert d’une terrasse en platte-forme, pavée de pierres àfusil, taillées en cubes de trois pouces d’épaisseur Sc posées en bain de mortier, furl’extrados des voûtes fuperieures de ce monument.
Cette maniéré de couvrir les bâtimens n’est pas si commune en France qu’enItalie ou elle est fort en usage, parce que dans notre climat les neiges Sc lespluyes font plus fréquentes. Néanmoins l’on a pris tant de précautions lors de laconstruction de celle-ci, que jusques à présent elle s’est conservée bien entiere.
Les Planches dont nous venons de parler diffèrent en quelque chose de l’exé-cution , mais comme elles ont été gravées d’après celles de Perrault, l’on ffau-roit pû les corriger fans les recommencer entièrement'; ainsi nous nous conten-tons de le faire observer ici, en avertissant néanmoins que ces différences con-sistent plutôt dans des défauts d’intelligence que Perrault lui-même a laissé íub-íister dans fçs Planches , que dans des erreurs qui regardent les dimentions géné-rales ou les proportions particulières de cet édifice.
Plan des Caves de ï Observatoire. Planche III.
Cette Planche offre les sinuosités des rues Sc des carrefours des caves de l’Ob-lèrvatoire, dont le pian nous a été communiqué. L’on a pris foin d’y marquerpar des lignes ponctuées les masses du corps du bâtiment, auffi bien que la for-me des terrasses qui constatent l’étendue de l’eíplanade de y o toises en quartesituée au-devant de cet édifice du côté du Midi, Sc autour de laquelle régnéune autre terrasse de 24 pieds, dont la projection est ici marquée en C. L’esca-lier qu’o n voit dans ce plan est à vis suspendue Sc évuidée , Sc se trouve placéà plomb de l’ouverture dont nous avons déja parlé. Les centres de ces ouvertu-res étant à plomb fur celui du vuide de cet escalier. On a pratiqué dans ces ca-ves ou carrières des chambres telles que celles A Sc B, pour éprouver les Thermo-mètres , Sc pour voir si les grains ou les fruits pourroient s’y conserver, auffi bienque pour connoître les différentes qualités de l’air renfermé Sc de Pair libre. Ceschambres servent encore à faire des expériences qui tendent à découvrir les effetsque produisent les différens degrés de l’humide , du chaud , du sec Sc du froid.
Sur l’esplanade dont nous venons de parler, se voit à découvert un mât destiné àporter une lunette de 70 pieds de longueur. Il ssy a pas encore long-tems qu’ií yavoit une tour de charpente, haute de 20 toises qui servoit aux observations astro-nomiques qu’on ne peut faire dans l’intérieur du bâtiment. Cette tour avoit servi an-ciennement à élever les eaux de la machine de Marly, avant que l’aqueduc qu’on yvoit à présent fut construit.
Tome U. Q
Observatoire deParis,