Abbaye
Val-de-
'Gracfio
§4 ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. III.
à Princesses de la famille Royale, Sc à gauche de ce dôme est situé le chœur desReligieuses, séparé du dôme de sEgiife par une grille de fer marquée O, qui si-•métrise avec celle P qui ferme sentrée de la chapelle deSte. Ahrie. La nef de cetteEglise est percée de trois arcades de chaque côté , qui contiennent chacune unechapelle, formant ensemble des eípeces de bas côtes à cette nef: ces chapellesTont voûtées en cul de four avec beaucoup d’art, de solidité â de goût.
Tout le pavé de cette Eglise est comparti de fort beaux marbres de différen-tes couleurs r fur ce pavé s’éleve une Architecture dont on ne peut trop admirerla distribution, la décoration Sc sordonnance , Sc son peut avancer qu’il ssestpeut-être pas en France d’édisice sacré dont suspect intérieur inspire davantage à tousles fideles pénétrés de la vraie religion cet amour pour la pieté, ce recueille-ment Sc tout ensemble cette admiration qui généralement satisfait tous les hom-mes de bien, A qu’on rencontre rarement dans nos autres Eglises. Dans les unes ,parce qu’on y remarque une richesse Sc une élégance contraire à l’idée qu’on doitse former d’un lieu saint ; dans les autres , au contraire, parce qu’on y a affectéune ordonnance d’Architecture pesante, maffive Sc composée de matière Sc d’or-nemens lugubres, qui attristent notre ame fans satisfaire notre raison ; de manié-ré que dans les premières on se ressent involontairement la dissipation que pro-duit l’aípect des lieux profanes, Sc que dans les secondes on se trouve presséd’une mélancolie gênante , qui en procurant une sorte d’inquiétude, détourne d’unecontemplation vraiment divine.
A l’égard des pieces exprimées dans le pian des bâtimens de ce monastère, leur nomécrit fur cette Planche nous dispensera d’entret dans un détail plus circonstancié, nousobserverons seulement qu’à i’exception du cloître Sc des bâtimens qui i’environnent,dont les distributions font assez égulieres, toutes les autres parties de cet édifice, tellesque les ailes , les cours Sc les basse-cours, font diípofées avec assez peu de simetrie, Sc.que leurs formes font d’une proportion négligée. Cependant on doit regarder cesdeux parties comme les plus essentielles de la distribution , principalement lorsequ’il s’agit d’un monument de l’importance de celui dont nous parlons, parceque quelque simplicité qu’on soit obligé d’affecter dans sordonnance de ces bâti-mens en générai, on n’est pas dispensé de faire choix des formes convenables,fimétriques Sc régulières, qui annoncent toujours dans quelque occasion que cepuisse être le genie de i’Architecte, Sc qui font connoître qu’il a sçû mettre cha-que partie du bâtiment à sa place, en observant par tout sesprit de convenance.
L’irrégularité des bâtimens que nous avons lieu de remarquer ici, provient fansdoute de ce que cet édifice a été quitté Sc repris par plusieurs Architectes, Scque chacun à part ayant voulu s’éloigner de i’idée de son prédécesseur, a préfé-ré de suivre son sentiment particulier. Il n’arrive que trop souvent qu’un projetqui aura été bien conçu par son premier auteur, se trouvant dans le cas d’êtrecontinué pàr un autre Architecte, celui-ci bien souvent, pour le plaisir d’ajouteraux idées d’autrui, sacrifie les masses, les parties Sc sesprit de convenance. Jel’ai dit ailleurs, il faut qu’un Architecte soit citoyen : sans cette qualité essentielleil sacrifie le bien général au plaisir de mettre au jour quelques-unes de ses pro-ductions particulières. Le Muet, le Duc, le Veau, Dorbay, du Cerceau Sc peut-êtrePerrault ont été dans ce cas, Sc si l’on a accordé à chacun d’eux l’estime que leursouvrages ont mérité , ce n’a été le plus souvent qu’en qualité d’excellens ArtistesSc non comme citoyens.
Elévation