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ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv.IIL
Ekvatì&n du Portail & du Dôme de S Eglise de íAbbaye da Val-de-Grace *
Planche II.
Cette Planche représente le frontispice du monument dont nous parlons, an*dessus duquel on voit la coupole & le dôme situés au bout de la nefdel’EgH-se. Ce frontispice est accompagné des bâtimens en aile marqués D, qui détermi-nent la largeur de la principale cour, aussi bien que les deux pavillons E donnantfur la rue, lesquels terminent les retours collatéraux de cette même cour. Le$ '
ailes F font des bâtimens qui appartiennent auffi à cette Abbaye, Sc qui fontélevés fur un des côtés de la rue du Faubourg Saint Jacques, où ce monumentest érigé ; nous n’en avons marqué ici que quelques arrachemens, ces parties étantde peu d’importance ( cette façade est prise sur la longueur de la ligne AB , Plan-che premiere ). Les combles marqués G expriment la couverture de la chapellede Ste. Anne, Sc celle du chœur Sc de favant-chœur des Religieuses , exprimésdans le plan par l’enfilade I K. La lanterne Sc le dôme H masquent le clochersitué entre l’avant-chœur & le grand escalier ; on en voit le dévelopement inté-rieur, auffi bien que celui des parties que nous venons de nommer, dans la coupeSc le profil, Planche VI.
Le frontispice de ce superbe édifice qui fait ici f objet de nos réflexions estcomposé des deux Ordres, Corinthien Sc Composite, élevés f un fur f autre , em-ployés tant au rez-de-chaussée qu au premier étage, partie en colonnes engagéesSc partie en pilastres. Devant les colonnes engagées de l’Ordre Corinthien enfont placés quatre autres isolées, formant deux accoupiemens Sc un grand entre-colonnement qui procure à ce temple un porche extérieur. L’entablement de cecOrdre est couronné d’un fronton triangulaire, qui par la saillie de ce porche peutêtre autorisé , Sc non autrement , étant contre la vraisemblance d’introduire unfronton dans le milieu de la hauteur d’une façade, lorsqu un corps saillant ne pa-roît pas f exiger, ainsi qu on le remarque au portail de St. Gervais , où les colon-nes de l’avant-corps font feulement engagées, Sc au portail des Minimes où cesdernieres ont très-peu de faillie. Ce peu de vraisemblance vient de ce que, se-lon f origine des frontons, ceux-ci semblent devoir exprimer une couverture quimet à f abri quelques parties d’une certaine profondeur , Sc que d’ailleurs lescorniches inclinées d’un fronton ne conviennent, selon la loi du bon goût, quedans la partie supe rie ure d’un édifice, ou à l’extrémité d’un avant-corps qui aun plan beaucoup plus avancé que le reste de la façade , ainsi que celui du por-tail dont nous parlons.
Si le fronton qui termine ce premier Ordre est de quelque autorité parcequ’il couronne la faillie du porche extérieur de f Eglise , nous remarquerons néan-moins que pour satisfaire aux loix de l’ordonnance & à la nécessité d’obfervertoujours dans un édifice des formes pyramidales, il est nécessaire d’éviter de pla-cer dans la partie fuperieure d’un bâtiment un fronton qui soit beaucoup plus lar-ge que celui de dessous, quand on íè croit obligé d’en mettre deux, quoique fusdes plans différens. Cette maniéré est contraire aux préceptes de l’Architecturenaturelle, qui en générai exige que les parties qui portent ayent plus d’empatte-ment que celles qui font portées. Car quoiqu on s’apperçoive visiblement que cesdifférens corps n’ont rien de commun entr’eux , le seul jugement indique que l’ondoit autant qu’il est possible affecter de rétrécir toutes les parties fuperieures Sc deréiargir toutes celles qui servent de soutien , afin non-feulement de satisfaire à lasolidité réelle, mais même à celle qui n’est qu apparente.
Au portail de St. Gervais Sc des Minimes les doubles frontons triangulaires Stcirculaires placés f un fur f autre font de même largeur, étant déterminés par miTome Jl. R