ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. III. ^
extrémités de cette façade s’élevent deux pavillons percés chacun de deux croE Háîel ^fées de face, Sc dans les íòubaílemens defquels font des portes qui donnent en- Vauvngr.trée au jardin ; celle qui fe remarque dans Pavant-corps du milieu , au rez-de-chaus-sée de cette façade , est fiprimée. Nous avons blâmé ailleurs P usage d’un trumeaudans le milieu d’un pavillon Sc íàns doute il est plus convenable de f éviter, néan-moins il faut observer ici que ce bâtiment ayant trois étages de hauteur, non com-pris la mansarde , une feule croisée dans ces pavillons les auroit rendu trop étroits,
Sc que d’ailleurs cette licence est plus tolerable dans les extrémités d’une façadeque dans le milieu. Il est aisé de s’appercevoir combien ces pavillons réduits àune feule croisée feroient devenus trop sveltes, en examinant l’avant-corps du mi-lieu , qui par rapport à fa hauteur Sc à son peu de faillie paroît de beaucoup tropmaigre, fur tout étant couronné d’un fronton. Cette considération auroit dû dé-terminer à supprimer cet avant-corps pour diviser les quatre trumeaux en partieségales , ce qui auroit procuré à f ordonnance de cette façade une expression plusuniforme & une simplicité plus convenable à Peípece de bâtiment dont nous
Les croisées du deuxième étage parodient ici trop élevées, quoiqu’elies n’ayencque la même hauteur que celles du côté de la cour. Cette différence provient dece que du côté du jardin ces croisées fe trouvent élevées fur d’autres qui foncdéja raccourcies en forme de soubassement, Sc que ces dernieres font elles mê-mes supportées par un autre soubassement lequel quoique très-peu élevé auroiten quelque forte exigé que les croisées du deuxième étage eussent eu la propor-tion Attique ; au lieu que du côté de la cour les croisées íuperieures caractérisentcelles du rez-de-chaussée d’un soubassement régulier. Ce font ces diverses situa-tions qui, indépendamment de leurs proportions établies dans notre Introduction,doivent déterminer un Architecte à concilier la forme de ces différentes ouvertu-res , leur largeur Sc leur hauteur , rélativement à la convenance du bâtiment,
& selon qu’il fe trouve formé de deux étages réguliers, ou composé d’Attique,de soubassement, &c.
FONTAINE DE SAINT VICTOR .
Auprès de cet Hôtel, de i’autre côté de la rue de Seine Sc au coin de la rue St. FontaineVictor, est une fontaine dont nous donnons la description dans ce Chapitre, Sc deS,Vlctoídont on peut voir le dessein fur la Planche III. La Ville fit élever ce monumenten 1687, Sc Santeuii fit les deux vers latins qui en forment i’infcription Sc quifont allusion à la bibliothèque de St. Victor, contre les murs de laquelle cettefontaine est adossée. Ces vers de Santeuii font conçus en ces termes,
Quœ facros do&rinœ aperit domus intima fontes ,
Civibus exterior dividit Dr bis aquas.
Quelques uns donnent îes desseins de cette Fontaine au Cavalier Jean-LaurentBermn ; si cela est , fans doute c’est un des ouvrages qu’il produisit iorfqu’ii fit sonVoyage en France, vers 1663 , deux ans ou environ avant qu’on commençât l’é-disication du bâtiment du péristyle du Louvre fur les desseins de Perrault, Scpour lequel néanmoins le Cavalier Bernin avoit été appelle à Paris, ainsi quenous le rapporterons ailleurs.
Cette Fontaine, qui est d’une aíïèz belle exécution Sc dont nous ignorons leSculpteur, est construite toute de pierre , Sc est composée d’une eípece d’urneélevée fur un piédestal, dans le milieu duquel est un masque de bronze, qui ré-pand de l’eau amenée de l’aqueduc d’Arcueil ; au-dessus de cette urne, couron-