5> : 5 ARCHITECTURE FRANÇOISE, L i v. III.
nëe des armes de la Ville & de deux Syrenes , s'éleve un Attique terminé parun fronton brisé, au sommet duquel sont placées les armes du Roi.
Plusieurs prétendent reconnoître dans la composition de ce monument le goût<le le Pautre , en comparant cette fontaine avec celles du quartier du Temple quifont de cet Artiste, & dont nous pourrons dire quelque chose en parlant des édi-fices de ce quartier.
CHAPITRE XIX.
'Description de la ManufaBure Royale des Gobelins , située à T extrémité
■du Faubourg St . Marcel .
'Manufac-ture des
éïebelins.
C ETTE Manufacture (a) tire son nom d’un fameux teinturier de Rheims,appellé Gobelin, qui fous le régné de François Premier vint à Paris établirune Manufacture, & fit à cet effet bâtir une maison assez considérable dans ce
(a) On compte en France trois Manufactures de ta-pisseries de haute & baffe lisse; celle des Gobelins , cellede Beauvais, & celle d’Aubusson. Toutes trois íont qua-lifiées de Manufactures Royales , mais celle des Gobelinsl’est feule par excellence & proprement dite ; les deux au-tres le font par Privilège. Nous allons donner ici une le-gere idée de l’origine de ces trois Manufactures.
Alanufacîure Royale des Gobelins*
Te travail de cette Manufacture consiste principalementen emmeublemens, tels que des tapisseries à personnages,des canapés & des fauteuils à l’usage des Maisons Royales,des Cours Etrangères & des Citoyens opulens. Elle estcomposée de deux ateliers de haute lisse & d’un de basselisse ; ceux de haute lisse font conduits par les sieurs Au-dran & Cozette , celui de basse lisse l’est par le sieur Neil-fin. L’habileté de ces trojs Entrepreneurs est un garantassuré de la continuation des succès & de la supériorité desouvrages de cette Manufacture. Pour former à ces chefsdes sujets d’un talent distingué par l’étude des arts, leRoi entretient dans cette Manufacture une école de des-sein établie par un Arrêt de son Conseil du i 6 Août 1737.On distribue dans cette école deux fois par année trois mé-dailles d’argent pour prix adjugés aux Elevés & aux Ou-vriers de cette Manufacture , qui seuls font admis à con-courir à ces prix,
Manufatture de Beauvais.
Cette Manufacture fut établie dans la Ville de ce nompar Lettres Patentes du mois d’Août 1664, accordéespour trente années à Louis Hinard , Marchand Tapissierde Paris. Cet Entrepreneur mourut avant l’expiration deson Privilège. En 168q,le Roi accorda de nouvelles Let-tres Patentes pour le même nombre d’années à PhilippeBehagle , Entrepreneur de tapisseries à Oudenarde. II mitcette Manufacture fur un bon pied , & y fit fabriquer destapisseries du second ordre, quj formerent un objet decommerce considérable. Cèt Entrepreneur mourut aussiavant la fin de son Privilège, de forte qu’en 1711 onsubrogea les sieurs Filleul, frétés , qui étoient dans les af-faires, L fous l’administration desquels cette Manufacturedéchut de beaucoup ; on I 7 2 7 de nouvelles Lettres Pa-tentes y subrogèrent Noël-Antoine Aderou , fous lequelcette Manufacture resta dans le même état de décadence.En 1734 ce Privilège fut accordé au sieur Nicolas tìef-nier, ancien Echevin de Paris : il associa dans cette entre-prise Mr. Jean-Baptijìe Oudry , Peintre du Roi, qui ne
tarda pas à montrer ce que peut un homme d’art à la têted’un établissement de cette nature. II le releva en peu detems de la décadence absolue où il l’avoit trouvé & enporta les ouvrages à un tel/degré de perfection qu’ils fontenlevés avec empressement par toutes les personnes quiveulent décorer leurs appartemens avec des meubles d’u-ne certaine magnificence.
Quoique la Manufacture de Beauvais soit en droit parses titres institutifs de fabriquer également en haute &basse lisse , elle ne travaille cependant qu’en basse lisse, &tous ses ouvrages depuis long-tems font à personnages,quoique par ses Privilèges de 1664 e ^ e eut faculté defaire des verdures.
Pour le succès de cet établissement, M. Oudry tient àses frais dans cette Manufacture deux écoles de dessein ,une pour les ouvriers & une pour les externes, c’est-à-dire pour les enfans des Bourgeois de Beauvais qui ontdu goût pour les arts ; attention bien digne du zèle de cecélébré Artiste, si connu par les ouvrages de peinture quel’on voit de lui dans nos Maisons Royales.
Manufacìure d’Aubujfon.
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La plupart des habitans de la Ville d’Aubujfon , dmBourg de la Cour Ò* de la Ville de Feuilletin s’occupentdepuis un tems immémorial à la fabrique de la tapisserie ,mais ils n’ont jamais fait que des ouvrages d’un ordrefort inférieur.
M. Colbert dont les vues s’étendoient fur tout, entre-prit de relever un peu ce travail afin de le tirer de l’ex-trême grossièreté où il étoit comme détenu, fans cepen-dant vouloir le perfectionner assez pour pouvoir entrer enconcurrence avec les deux Manufactures dont nous venonsde parler.
Ce Ministre établit des moyens convenables pour rem-plir cet objet par des Statuts & Réglemens publiés au moisde Juillet 166y , qui entr’autres établissoient un Peintreentretenu par S. M. pour y veiller & conduire les Ou-vriers de cette Manufacture.
Tant que ces réglemens furent soutenus par les secoursqui en étoient comme la base, les Fabriquans donnoientdes ouvrages passables , mais livrés à eux-mêmes après lamort de ce Ministre, ils retombèrent dans leur premierétat.
M. Fagon qui étoit alors à la tête du Bureau du com-merce , reprit les erremens de M. Colbert, & procura àcette Manufacture des tableaux aux frais de Sa Majesté. IIfut établi des réglemens pour celles d’Aubujfon & duBourg de la Cour, arrêtés au Conseil d’Etat du Roi le
quartier