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2 (1752) La Description des principaux Edifices du Quartier du Luxembourg, avec ceux de la Cité, du Quartier St.Antoine & du Marais
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5> : 5 ARCHITECTURE FRANÇOISE, L i v. III.

nëe des armes de la Ville & de deux Syrenes , s'éleve un Attique terminé parun fronton brisé, au sommet duquel sont placées les armes du Roi.

Plusieurs prétendent reconnoître dans la composition de ce monument le goût<le le Pautre , en comparant cette fontaine avec celles du quartier du Temple quifont de cet Artiste, & dont nous pourrons dire quelque chose en parlant des édi-fices de ce quartier.

CHAPITRE XIX.

'Description de la ManufaBure Royale des Gobelins , située à T extrémité

du Faubourg St . Marcel .

'Manufac-ture des

éïebelins.

C ETTE Manufacture (a) tire son nom dun fameux teinturier de Rheims,appellé Gobelin, qui fous le régné de François Premier vint à Paris établirune Manufacture, & fit à cet effet bâtir une maison assez considérable dans ce

(a) On compte en France trois Manufactures de ta-pisseries de haute & baffe lisse; celle des Gobelins , cellede Beauvais, & celle dAubusson. Toutes trois íont qua-lifiées de Manufactures Royales , mais celle des Gobelinslest feule par excellence & proprement dite ; les deux au-tres le font par Privilège. Nous allons donner ici une le-gere idée de lorigine de ces trois Manufactures.

Alanufacîure Royale des Gobelins*

Te travail de cette Manufacture consiste principalementen emmeublemens, tels que des tapisseries à personnages,des canapés & des fauteuils à lusage des Maisons Royales,des Cours Etrangères & des Citoyens opulens. Elle estcomposée de deux ateliers de haute lisse & dun de basselisse ; ceux de haute lisse font conduits par les sieurs Au-dran & Cozette , celui de basse lisse lest par le sieur Neil-fin. Lhabileté de ces trojs Entrepreneurs est un garantassuré de la continuation des succès & de la supériorité desouvrages de cette Manufacture. Pour former à ces chefsdes sujets dun talent distingué par létude des arts, leRoi entretient dans cette Manufacture une école de des-sein établie par un Arrêt de son Conseil du i 6 Août 1737.On distribue dans cette école deux fois par année trois mé-dailles dargent pour prix adjugés aux Elevés & aux Ou-vriers de cette Manufacture , qui seuls font admis à con-courir à ces prix,

Manufatture de Beauvais.

Cette Manufacture fut établie dans la Ville de ce nompar Lettres Patentes du mois dAoût 1664, accordéespour trente années à Louis Hinard , Marchand Tapissierde Paris. Cet Entrepreneur mourut avant lexpiration deson Privilège. En 168q,le Roi accorda de nouvelles Let-tres Patentes pour le même nombre dannées à PhilippeBehagle , Entrepreneur de tapisseries à Oudenarde. II mitcette Manufacture fur un bon pied , & y fit fabriquer destapisseries du second ordre, quj formerent un objet decommerce considérable. Cèt Entrepreneur mourut aussiavant la fin de son Privilège, de forte quen 1711 onsubrogea les sieurs Filleul, frétés , qui étoient dans les af-faires, L fous ladministration desquels cette Manufacturedéchut de beaucoup ; on I 7 2 7 de nouvelles Lettres Pa-tentes y subrogèrent Noël-Antoine Aderou , fous lequelcette Manufacture resta dans le même état de décadence.En 1734 ce Privilège fut accordé au sieur Nicolas tìef-nier, ancien Echevin de Paris : il associa dans cette entre-prise Mr. Jean-Baptijìe Oudry , Peintre du Roi, qui ne

tarda pas à montrer ce que peut un homme dart à la têtedun établissement de cette nature. II le releva en peu detems de la décadence absolue il lavoit trouvé & enporta les ouvrages à un tel/degré de perfection quils fontenlevés avec empressement par toutes les personnes quiveulent décorer leurs appartemens avec des meubles du-ne certaine magnificence.

Quoique la Manufacture de Beauvais soit en droit parses titres institutifs de fabriquer également en haute &basse lisse , elle ne travaille cependant quen basse lisse, &tous ses ouvrages depuis long-tems font à personnages,quoique par ses Privilèges de 1664 e ^ e eut faculté defaire des verdures.

Pour le succès de cet établissement, M. Oudry tient àses frais dans cette Manufacture deux écoles de dessein ,une pour les ouvriers & une pour les externes, cest-à-dire pour les enfans des Bourgeois de Beauvais qui ontdu goût pour les arts ; attention bien digne du zèle de cecélébré Artiste, si connu par les ouvrages de peinture quelon voit de lui dans nos Maisons Royales.

Manufacìure dAubujfon.

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La plupart des habitans de la Ville dAubujfon , dmBourg de la Cour Ò* de la Ville de Feuilletin soccupentdepuis un tems immémorial à la fabrique de la tapisserie ,mais ils nont jamais fait que des ouvrages dun ordrefort inférieur.

M. Colbert dont les vues sétendoient fur tout, entre-prit de relever un peu ce travail afin de le tirer de lex-trême grossièreté il étoit comme détenu, fans cepen-dant vouloir le perfectionner assez pour pouvoir entrer enconcurrence avec les deux Manufactures dont nous venonsde parler.

Ce Ministre établit des moyens convenables pour rem-plir cet objet par des Statuts & Réglemens publiés au moisde Juillet 166y , qui entrautres établissoient un Peintreentretenu par S. M. pour y veiller & conduire les Ou-vriers de cette Manufacture.

Tant que ces réglemens furent soutenus par les secoursqui en étoient comme la base, les Fabriquans donnoientdes ouvrages passables , mais livrés à eux-mêmes après lamort de ce Ministre, ils retombèrent dans leur premierétat.

M. Fagon qui étoit alors à la tête du Bureau du com-merce , reprit les erremens de M. Colbert, & procura àcette Manufacture des tableaux aux frais de Sa Majesté. IIfut établi des réglemens pour celles dAubujfon & duBourg de la Cour, arrêtés au Conseil dEtat du Roi le

quartier