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2 (1752) La Description des principaux Edifices du Quartier du Luxembourg, avec ceux de la Cité, du Quartier St.Antoine & du Marais
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'A R C HIT-E TURÊ FRANÇOISE, Liv. III.

Tvíanufac- pies heureuse, Sc si nous avons préféré de donner le plan de cette Manufacture plutôt

Gibelins» ss ue celui de toute autre, ce nest pas que nous nayons senti que quelques unes quiiònt dans nos Provinces en France ne soient bâties avec plus de régularité, mais parceque celle dont nous parlons sest acquise une réputation íi universelle dans tou-te lEurope, à la faveur des magnifiques ouvrages qui sy fabriquent, que nousjurions cru -manquer à Peílime qui elì due à cet illustre établissement fi nous nelui avions pas donné place dans ce Recueil. Dailleurs non-seulement ce monu-ment sait partie des bâti mens de notre Capitale, mais encore , quoiqu irrégulier, ilrenferme dans se distribution une quantité suffisante de pieces rélatives à son ob-jet, & l'on verra dans les renvois marqués fur cette Planche les indications de cha-*cjue logement, avec le nom des habiles Artistes qui les occupent actuellement; pré-cédemment ces logemeiïs ont toujours été accordés à des hommes du premier«mérite.

'Cet édifice, que nous avouons à la vérité être très-irrégulier, pourra donc néan-moins instruire par le secours de ces indications les personnes chargées à f avenirde la composition des bâtimens dune Manufacture de ce genre -, en leur enseignantla convenance, la grandeur, Sc la diversité des différens corps de logis, coursêí jardins quelle doit contenir. Cest cette circonstance qui fait ici notre princi-pal objet, cet ouvrage,ainsi que nous Pavons annoncé, devant traiter en généraide la distribution Sc de Pordonnance de tous les édifices que comprend PAíchi-tecture civile. Au reste nous avons pris occasion en parlant de cette Manufac-ture de donner un précis non-seulement de son origine, mais aussi de celles quiillustrent par leur progrès & par les magnifiques ouvrages quelles fournissent àtoute lEurope , ie goût Sc lés talens industrieux de la Nation Françoise. Nous nesommes entrés dans aucun détail au sujet de leurs bâtimens , parce quils nontpour la plupart rien de remarquable , fi ce nest la solidité Sc la commodité, étantdailleurs dépourvus de fimétrie Sc dordonnance.

Nous navons pas jugé nécessaire de donner les différens plans des étages dePHôtel Royal des Gobelins, les renvois qui font fur le plan qu on trouve ici en an-nonçant la plus grande partie. On na pas cru non plus devoir offrir aucunes élé-vations de ces bâtimens, étant par tout traitées avec une très-grande simplicité Scla plupart sens uniformité. Nous observerons feulement, avant que de finir ce Cha-pitre , qu indépendamment des Manufactures de tapisseries de haute Sc basse lisse quiforment la principale réputation de cet Hôtel, attenant Pemplacement qssil oc-cupe , est la Manufacture de teinture décarlate de M. de Julienne , qui par lefoin infatigable Sc la profonde expérience de cet illustre Artiste (d) sest acqui-se à juste titre une réputation réconnue de toutes les Cours étrangères. Enfin danslenceinte de lHôtel des Gobelins, les bâtimens marqués d indiquent le loge-ment Sc les ateliers de feu M. de N eu-Maifon / célébré par les vernis connus fousle nom de Vernis des Gobelins. Ce vernis est encore aujourdhui en très-grande ré-putation pour lufage des équipages Sc des appartemens des personnes du premierordre; M. de Neu-Maifon en a laissé le secret au sieur Tremblin, son gendre, quiest à la tête de ses atteiiers, Sc qui continue avec succès cette entreprise, étant au-torisé par un brevet de Sa Majesté.

(d) M. Jean-Baptiste de Julienne, Chevalier de S. Mi- ferme cette Capitale, quil ne fe voit point dassemblagechel, honoraire amateur de PAcadémie Royale de Pein- dans tous les genres plus capables de former le goût desture & de Sculpture , possede un des plus beaux cabi- Artistes & plus en état de satisfaire la curioíìté des con-nets qui soit en Europe & dans lequel est rassemblé un noisseurs, que le cabinet dont nous parlons. Dailleurs la-nombre considérable de tableaux des plus grands Maîtres, mour que M. de Julienne porte au bien public, joint à sonune collection prodigieuse de très beaux desseins, & une affabilité bienfaisante lui fait rendre laccès de ce trésor deinfinité de curiosités de toute eípece , le tout distribué tant de merveilles facile à tous les Citoyens & aux écran-:

& arrangé avec un ordre & un goût admirable. Lon peut gérs.dire,fans faire tort aux autres cabinets de tableaux que ren-