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quartier. Cet établissement eat beaucoup de succès; de forte que les defcendansde Gobelin , à qui celui-ci avoit laissé des biens considérables, donnerent à cettemaiíon le nom d’Hôtel des Gobelins. Dans la fuite ces, bâtimens furent vendus àM. Leleu Conseiller au Parlement, mais en 1 667 M. Colbert attentif à tout cequi pouvoit contribuer au bien du Royaume, acheta cet Hôtel avec plusieurs mai-sons qui lui étoient contigues, pour y établir une Manufacture , & proposa à LouisXìV de rendre i’Edit (b) du mois de Novembre 1667 qui constate d'une ma-niéré immuable cet établissement. Depuis ce tems il a pris le titre de Manufac-ture Royale: à cet effet on a mis les armes de France fur lss porte de cet Hôtel& au-dessous une inscription en ces termes ,
MANUFACTURE ROYALE DES MEUBLES DE LA
COURONNE.
M. le Brun (r) fut chargé par M, Colbert de la direction de cette Manufacture,& elle subsiste encore à peu près aujourd’hui fur le même pied.
Plan général des bâtimens au rez-de-chaujsée de la Manufaëlure Royale des Gobelins,
La diversité des tems <& le besoin qu’on a eu d’agrandir à différentes reprisesles bâtimens de cette Manufacture, aussi bien que la quantité de logemens &d’ateliers qu il a fallu élever pour contenir un grand nombre de distêrens Ar-tistes, ont rendu ce plan en général, les cours Sc les corps de logis en particu-lier , d’une forme assez irréguliere ; mais la nécessité ici a prévalu fur une disposition
22 Décembre 1730 , & autorise's par Lettres Patentes fa place à la fuite de ce que nous venons de dire de cel-du 28 Mai 1732. Vint ensuite le règlement fait pour les les des Gobelins, de Beauvais Sc d’Aubusson.Manufactures de Feuilletin, autorisées par Lettres Païen- En 1 604,00 1608, Henry IV accorda à Pierre Dû-tes du 25 Janvier 1737 , &c. pont un brevet qui lui permettoit de fabriquer en Fran-
Aubufíon est le lieu principal des fabriques en question, ce des ouvrages façon de Perse & du Levant, dont ilon y sait des tapisseries depuis j oo livres jufqu’à 20 livres étoit l’inventeur. A cet effet il lui accorda un logementl’aune , aussi bien que des canapés Sc des fauteuils,dans les aux Gaileries du Louvre pour y travailler & faire desmêmes proportions de prix. éleves, ce qui se continua ainsi jusques à ce qu’en 1670
Le Bourg de la Cour est une efpece de Faubourg d’Au- Mr. Colbert protégeant cet établislement qui s’étoit ac-ìbusson, très-peu distant de cette Ville. On y fait,ainsi qu’à quis une grande réputation & qui avoit déja fourni le grandla Ville de Feuilletin , des tapisseries du plus bas prix. tapis de pied qui devoir couvrir tout le parquet de la gran-II y a dans ces trois lieux de fabriques plus de 600 de Gallerie du Louvre, & qui consiste en quatre-vingt-métiers de tapisseries à tenture, íans compter un nombre douze pieces, fit accorder des titres de Noblesse à Pierreconsidérable de maîtres pour canapés & fauteuils, le tour Dupont, & lui fit donner une maison appartenante à Safaisant un objet de commerce considérable tant au dedans Majesté, située à Chaillot, où anciennement on avoit fa-qu’au dehors du Royaume. briqué du Savon, ce qui a fait appeller depuis l’établisse-
Pour sonner à cette Manufacture des sujets capables de ment dont nous parlons, Manufacture de la Savonnerie,la perfectionner de plus en plus, le Roi entretient deux Les defcendans de Pierre Dupont ont toujours conti-écoies de dessein à Aubusson , & a établi dans chacune un nué de diriger cette Manufacture qui fe soutient avec leprix annuel. S. M. entretient aussi dans la même Manu- plus grands succès. Les bâtimens de cette Manufacturefacture un Peintre , un Teinturier Sc un Amortisseur. ont été réparés en 1713 par ordre de M. le Duc d’An-
En » 742, feu M- Fagon entreprit d’établir en la Ville tin, pour lors Directeur général des Bâtimens & Manu-d’Aubusson une fabrique de tapis de pied façon de Perse factures de France, ainsi qu’il paroît par une Inscription& de Turquie. Cette entreprise quoique très-difficile dans gravée fur un marbre noir qui est fur la porte de cet édi-un lieu où on n’avoit pas la moindre notion de ce tra- sice.
vail » s’avança assez, pendant les deux premieres années, (L) Cet Edit porte entr’autres que le Surintendant des
mais depuis elle a fait des progrès plus considérables, & Bâtimens Sc le Directeur,fous ses ordres,tiendront la Ma-clle fournit au public des tapis très-bien conditionnés, pour nufaéfure remplie de bons Peintres, maîtres Tapissiers,le service des Citoyens aisés qui ne fçauroient avoir des Orphévres , Fondeurs, Sculpteurs , Graveurs, Lapidai-tapis de la Savonnerie, la grande beauté de ces derniers res, Menuisiers en ébene, Teinturiers & autres Ouvriers-les rendant d’-un prix considérable. en toutes sortes d’arts Sc métiers, & que les jeunes gens
Par Arrêt du Conseil du 21 Mai 1746 le Privilège sous ces maîtres,entretenus pendant cinq années,pourroncde cette fabrique a été accorde pour 10 ans aux sieurs après six ans d’apprentissage Sc quatre années de service,Pierre Muge Sc Jacques Dejferteaux, Marchands tapissiers lever & tenir boutiques de marchandises, arts & métiers ,de Paris. ‘ auxquels iis auront été instruits, tant à Paris que dans
Ayant parlé des trois Manufactures Royales de haute les autres Villes du Royaume.
^ basse lisse qui sont établies en France , il nous a fem- (c) Voyez ce que nous avons dit de ce célébré Artisteblé qu’il ne seroit pas hors de propos que l’origine de la au commencement de ce Volume, page 44,
Manufacture des tapis de pied de la Savonnerie trouvât
Tome II, B b
Manufac-ture <3esGcbeijní.